Bébé secoué : le père accuse sa mère

Accusé d’avoir violemment secoué son bébé, un père a rejeté la responsabilité sur la grand-mère de l’enfant au cours de l’audience, une première en trois ans d’enquête.

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Le ministère public requiert six de prison et le retrait de l’autorité parentale à l’encontre du père.
Le ministère public requiert six de prison et le retrait de l’autorité parentale à l’encontre du père.

«Malheureusement, on ne trouvera jamais le coupable.» Devant le tribunal, le prévenu clame son innocence. Ce père de 23 ans est accusé d’avoir violemment secoué son bébé. Le 4 septembre 2023, il se retrouve seul avec Lucas* (prénom modifié), âgé d’un mois à peine. Sa compagne et mère de l’enfant s’est absentée quelques heures.

À son retour, elle découvre son bébé livide et appelle les secours. Les deux parents transportent leur enfant au centre hospitalier régional de Mercy à Metz avant qu’il soit héliporté vers Nancy. Fracture frontale, ecchymose au niveau du thorax, l’examen révèle des symptômes caractéristiques du bébé secoué.

À la barre, le prévenu explique «avoir pris son fils» seulement pour changer sa couche. C’est à ce moment-là qu’il aurait aperçu des traces sur le corps de son bébé. En trois ans d’enquête, l’accusé a multiplié les versions, accusant tour à tour sa compagne, la sœur de celle-ci, un prénommé Kévin. «Totalement inventé», finit-il par avouer.

Présente à l’audience, la mère de l’enfant explique «que le père pouvait avoir des gestes brusques». Lorsque le juge lui demande «qui pourrait être l’auteur des faits», elle répond : «Je ne sais pas.»

C’est à ce moment-là que le prévenu lâche : «C’est ma mère qui a secoué le bébé.» La grand-mère de l’enfant, donc. Stupeur dans la salle. C’est la première fois qu’il émet une telle accusation.

La défense plaide la relaxe

Après ce rebondissement, l’avocat de la partie civile, représentant les intérêts de la victime, dénonce ce «couple diabolique» se protégeant l’un et l’autre. «Il prive son fils de la vérité», selon la procureure. Pour ces «faits graves», le ministère public requiert six ans de prison et le retrait de l’autorité parentale sur les deux enfants du couple.

De son côté, la défense plaide la relaxe. «Toutes les hypothèses n’ont pas été explorées.» Fragilité du diagnostic, enfant potentiellement atteint d’une ostéogenèse imparfaite ou la présence du chien, l’avocat évoque «des doutes raisonnables». Le juge rendra sa décision le mercredi 8 avril.

Thomas Guth

(Le Républicain lorrain)

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