Agression sexuelle incestueuse à Metz : «Papou m’a touchée là»

Fête de famille en août 2024. L’arrière-grand-père, né en 1936, quitte les lieux après les agapes. La petite de 5 ans vient lui dire au revoir. Le veuf a alors commis l’irréparable.

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Le nonagénaire au casier vierge a écopé de quinze mois de prison avec sursis. Il est soumis à des interdictions et obligations s’étalant sur plusieurs années.
Le nonagénaire au casier vierge a écopé de quinze mois de prison avec sursis. Il est soumis à des interdictions et obligations s’étalant sur plusieurs années.

L’audition filmée de la petite est diffusée à l’audience. «Papou m’a touchée là», montre la fillette en désignant «la choupinette» sur la poupée de chiffon. Le «papou» est l’arrière-grand-père de l’enfant et il aurait mis son doigt sur son sexe par-dessus sa culotte lors d’une fête de famille en août 2024 dans la région de Metz. Le nonagénaire était sur le point de partir et il aurait commis l’impardonnable sur le seuil de la porte, au moment où la petite fille, alors âgée de 5 ans, venait lui dire au revoir. La marraine de l’enfant a surpris la scène et l’a rapportée, scandalisée, à la maman.

«Elle m’a dit d’un air horrifié : « Il lui a mis le doigt »», témoigne la mère à la barre, alors que son grand-père est absent. Elle ajoute qu’il aurait déjà commis des gestes déplacés sur sa propre personne, quand elle était petite et alors qu’elle n’en avait pas conscience, et sur d’autres personnes du cercle proche. Mais que le comportement du mis en cause a été en quelque sorte mis sous cloche par le tabou familial.

La maman poursuit : «Tout de suite après (les faits d’août 2024), mon père est allé voir son père, qui a reconnu le geste mais en disant que c’était « pour jouer ».» Placé en garde à vue en juillet 2025, le nonagénaire a contesté en disant avoir pris la petite «par la taille» pour lui dire au revoir. L’expert psychiatre qui s’est penché sur son cas dit dans son rapport que le veuf ne souffre pas «d’une altération des fonctions cognitives», mais qu’il est peut-être un peu pervers.

Un agresseur conscient

L’avocate du Centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF), Me Stéphanie Rosati, saisit la balle au bond pour dire que l’arrière-grand-père «a bien frotté le doigt de bas en haut» et que la petite risque de souffrir «de symptômes différés». La représentante du parquet la suit en évoquant un geste «d’une gravité certaine. En dépit de son grand âge, il avait conscience de ce qu’il faisait.»

Des accusations contestées par Me Michel Vorms pour l’arrière-grand-père : «Rien ne prouve l’intention coupable, rien ne permet de démontrer la volonté délibérée d’assouvir une pulsion. Il ne se rendait pas compte de ce qu’il faisait.» L’avocat ironise également face aux réquisitions du parquet : «Entre les interdictions de contact et celles de mener une activité avec des mineurs, espérons qu’il vivra jusqu’à 120 ans…»

Le conseil parvient à baisser le curseur de trois mois : ce sera quinze mois de prison avec sursis pour le nonagénaire primo-délinquant, interdiction de contact avec son arrière-petite-fille durant trois ans, interdiction d’exercer une activité avec des mineurs pendant un an, inscription au Fijais et 1 500 euros à verser au CIDFF, partie civile.

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