Nuisances du Findel : «La situation actuelle est plus constructive»

Dialogue renoué, baisse des vols sportifs mais inquiétudes sur le trafic nocturne. Trois ans après ses premières revendications, l’association de riverains DIGHSE dresse le bilan sur les nuisances autour du Findel.

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À Schuttrange comme à Hamm, les riverains du Findel se plaignent des vols nocturnes durant le couvre-feu de 23 h à 6 h.
À Schuttrange comme à Hamm, les riverains du Findel se plaignent des vols nocturnes durant le couvre-feu de 23 h à 6 h.

En avril 2023, l’ASBL DIGHSE (Défense des intérêts des habitants de Schuttrange et environs) partageait dans nos pages ses plaintes concernant les nuisances sonores du Findel provoquées, en majorité, par l’aviation sportive.

Après avoir contacté en vain l’administration de la Navigation aérienne (ANA) des mois durant, les 200 riverains en colère étaient alors prêts à engager une action en justice.

Trois ans plus tard, tandis que l’aéroport prépare son agrandissement, Philip*, membre de l’association, témoigne de l’évolution de la situation.

Depuis 2023, comment la situation a évolué?

Philip : A l’époque, nous avions envisagé de porter davantage le sujet au niveau européen, face au sentiment d’un dialogue qui n’aboutissait pas et des blocages de l’administration aéroportuaire et du ministère de la Mobilité et des Travaux publics de François Bausch. Depuis, nous constatons quelques signaux positifs de recherche des solutions pragmatiques au niveau national.

La ministre Yuriko Backes a, en effet, procédé à des changements dans les responsabilités et a nommé des personnes qui nous semblent compétentes, qui ont compris la complexité de leurs missions et qui s’investissent dans la recherche de compromis.

C’est un changement appréciable par rapport au dialogue de sourds que nous avions parfois connu auparavant. Nous ne prétendons évidemment pas que tous les problèmes sont réglés, mais nous sommes prêts à renouer le dialogue.

Dans votre cas, les nuisances étaient surtout commises par l’aviation sportive.

Paradoxalement, le développement de l’aviation commerciale a un effet positif, car cela laisse mathématiquement moins de place à l’aviation sportive au Findel! Outre les nuisances, c’est d’abord une question de sécurité et de gestion de l’espace aérien d’un aéroport international : on ne mettrait pas des vélomoteurs sur une autoroute.

Nous constatons aujourd’hui une réduction des mouvements liés à l’aviation sportive, notamment des « touch and go » (NDLR : un atterrissage suivi d’un redécollage immédiat). Certains aéroclubs ont d’ailleurs commencé à délocaliser ces entraînements vers des aérodromes situés à l’étranger.

Nous ignorons si c’est de leur propre chef ou sous la contrainte de l’administration. Quelques pilotes de l’aviation sportive semblent également avoir été sensibilisés et adoptent des régimes moteur adaptés pour limiter les nuisances sonores lors du survol des habitations.

Êtes-vous aujourd’hui moins gênés et donc plus sereins?

Nous restons vigilants. La situation actuelle est plus constructive, mais nous ne considérons pas que nous disposons de garanties définitives. Notre expérience nous a appris que les équilibres peuvent rapidement évoluer avec l’augmentation du trafic et la pression opérationnelle sur l’aéroport.

Nous considérons aujourd’hui, comme l’a d’ailleurs indiqué la ministre, que la solution structurelle au problème de l’aviation sportive est probablement sa délocalisation vers un aérodrome adapté, une démarche que nous soutenons.

Et quid des vols de l’aviation commerciale qui ont lieu après 23 h, c’est-à-dire pendant le couvre-feu?

Nous sommes aujourd’hui directement concernés, notamment à travers les préoccupations croissantes exprimées par plusieurs de nos membres dans notre commune de Schuttrange et nous partageons largement les doléances exprimées par les associations de riverains de Luxembourg-Cents et de Hamm.

Cette problématique constitue un véritable souci croissant pour nos membres et a d’ailleurs été abordée lors de la dernière commission aéroportuaire. Nous avons le sentiment qu’il existe un risque de voir progressivement s’installer un glissement : ce qui devrait relever d’un régime d’exception pourrait finir par devenir, de fait, une forme de généralité.

Nous sommes aujourd’hui plus confiants dans la qualité du dialogue avec l’ANA, mais cette confiance ne doit pas conduire à relâcher notre vigilance. Nous restons donc pleinement mobilisés, notamment parce que le développement annoncé de l’aéroport va mécaniquement rendre les arbitrages entre croissance du trafic, climat, sécurité et qualité de vie des riverains encore plus importants.

* Le prénom a été changé.

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