Nouveau système de paiement : «Que tous les utilisateurs de Payconiq utilisent Wero demain»

En septembre prochain, Wero entamera le remplacement de Payconiq au Grand-Duché. Les près de 300 000 utilisateurs et commerçants du pays auront jusqu’à la fin de l’année pour adopter le nouveau système européen.

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L'application Payconiq sera d'abord rendue hors service, puis ce sera au tour des QR codes.
L'application Payconiq sera d'abord rendue hors service, puis ce sera au tour des QR codes.

Le 1er septembre, le QR code rose Payconiq collé sur la caisse de votre commerçant aura peut-être été décollé et remplacé par un autre QR code jaune estampillé Wero. Un changement anodin pour beaucoup mais qui marquera symboliquement le lancement officiel de la première phase de déploiement au Grand-Duché de Wero, une solution de paiement numérique développée par European Payments Initiative (EPI), un consortium des principales banques européennes. Et parmi elles figurent cinq luxembourgeoises : Spuerkeess, BGL BNP Paribas, BIL, Post et Raiffeisen.

L’an dernier, 2026 avait été annoncée comme l’année de la transition entre l’acteur national Payconiq et la solution européenne Wero, déjà en place en Allemagne, Belgique et France. Initialement, les banques luxembourgeoises participantes avaient avancé un déploiement pour le mois de mars dernier, avant de le décaler jusqu’en septembre prochain.

Dans ce genre d’opération, «il faut faire attention, car les gens sont habitués à quelque chose qui fonctionnait bien donc il faut garantir une continuité», explique Ralf Hamal, responsable pour EPI des relations avec les membres au Luxembourg et en Belgique. «Et pour ce faire, nous voulions prendre notre temps nécessaire afin que tout fonctionne parfaitement, nous sommes alors encore en train de tester tous les cas d’usage», dit-il afin de justifier le changement de calendrier.

Payconiq inutilisable d’ici octobre

Pour le grand public habitué à Payconiq pour ses factures, ses dons, ses virement entre amis ou paiements dans un commerce, la question est de savoir ce qui change à partir de septembre? «À partir du 1er septembre, les gens seront invités par leurs banques, qui utilisent Payconiq jusqu’à aujourd’hui, à télécharger l’application Wero dans laquelle les utilisateurs pourront enregistrer les comptes bancaires qu’ils souhaitent utiliser», annonce Ralf Hamal.

À la fin du mois de septembre, il ne sera plus possible d’utiliser l’application Payconiq mais ses QR codes resteront encore opérationnels quelques mois : «Avec Wero, les gens pourront encore payer en scannant les codes Payconiq jusqu’à la fin de l’année».

L’objectif est de guider progressivement les utilisateurs vers une nouvelle application, déjà bien connue dans les pays voisins mais qui devra faire ses preuves sur le marché luxembourgeois. «Nous souhaitons que tous les utilisateurs de Payconiq utilisent Wero demain, nous estimons qu’environ 90 à 95 % d’entre eux vont faire la migration.» Cela représente environ la moitié de la population résidente, «entre 300 000 et 350 000 personnes», qui devra faire la bascule entre les deux systèmes.

Du côté des commerçants, la transition logistique et les nouveaux QR codes se feront via Buckaroo, un prestataire de services de paiement néerlandais. Ce dernier, contacté par nos soins, rappelle qu’«il appartient à chaque commerçant de décider de sa stratégie de paiement préférée (…) et pour autant que nous le sachions, aucun commerçant n’a décidé de ne pas faire le saut vers Wero».

Une réponse européenne

À l’instar de son prédécesseur, Wero permettra de payer et de faire des virements gratuitement depuis son téléphone, via QR codes ou non, en étant directement relié à son compte bancaire. Comme principales nouveautés : les virements instantanés, une protection pour les achats en ligne et un moyen de paiement sans frais et fonctionnel dans les pays avec des membres d’EPI.

L’interopérabilité entre différents membres de de la zone euro, chaudement saluée par l’Association des banques et banquiers Luxembourg (lire ci-dessous), est le fer de lance des fondateurs de Wero qui doit également se déployer aux Pays-Bas et en Autriche. «Notre rêve est d’avoir une seule solution européenne mais, dans la réalité, nous réalisons que nous allons surtout nous limiter à un nombre restreint de solutions, pas comme aujourd’hui où il y en a des dizaines», fait savoir le représentant d’EPI.

L’autre argument d’accroche repose sur la promesse d’un système 100 % européen qui contribue donc à la souveraineté de l’UE face aux géants américains du secteur tels que Visa, Mastercard, Paypal ou Apple Pay. «Aujourd’hui, dans ce contexte géopolitique, nous n’avons plus besoin d’expliquer en quoi c’est important», insiste Ralf Hamal, qui évoque «une solution construite ici, qui réside ici et dont les datas sont basées en Europe». Sur ce dernier point, EPI a néanmoins reçu quelques critiques après avoir admis au média allemand netzpolitik.org que les données de l’alternative européenne serait, en partie, stockées sur les serveurs de la filiale cloud d’Amazon.

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