Nouveau refuge à Dudelange : «Les animaux sont beaucoup plus relax»
L’asile pour animaux de Dudelange a emménagé dans une structure flambant neuve, mieux adaptée aux besoins des pensionnaires et plus pratique pour les soigneurs.
Implantés juste à côté de l’ancien bâtiment, les nouveaux locaux de l’asile pour animaux de Dudelange ont ouvert leurs portes lundi, après une phase de déménagement d’un peu plus d’un mois. Un soulagement pour l’équipe de sept salariés et 35 bénévoles qui s’occupent quotidiennement des chiens et chats abandonnés.
«On a doublé notre surface», précise d’emblée le responsable des lieux, Raphaël Erpelding, qui nous accueille pour une visite guidée. «Auparavant, on avait une seule grande pièce qui faisait à la fois office de bureaux, de shop, d’accueil et de salle vétérinaire. Donc c’était quand même compliqué.»
Désormais, un vaste espace réception jouxte la boutique de matériel de seconde main, tandis que différents bureaux isolés sont dédiés aux formalités pour les adoptions. Plus loin, des endroits sont prévus pour le stockage de la nourriture et une cuisine fonctionnelle permet à l’équipe de préparer les repas deux fois par jour.
«Ils ont leur propre chambre»
Une salle de soins est maintenant disponible, toute proche des lieux de vie des pensionnaires, qui bénéficient de conditions de séjour nettement améliorées. Du côté des chiens en particulier : chaque animal dispose d’une véritable pièce isolée, avec accès à un espace extérieur.
«Dans l’ancien refuge, les séparations étaient en partie constituées de grilles, donc ils se voyaient tous, et cela créait de l’agitation. Ici, ils ont leur propre chambre si on peut dire et vous voyez, c’est silencieux, ils sont relax.»
Pour les membres de l’équipe aussi, le changement est radical. Ils peuvent réceptionner sereinement les livraisons dans un espace réservé au lieu de l’entasser dans un garage servant en même temps de buanderie. «Avant, si on avait une camionnette pleine à décharger, on n’avait presque plus de place pour circuler.»
Même logique pour le nettoyage : une salle spécifique permet de laver le matériel et les équipements des animaux, et un bac à douche pour chien facilite le retour de promenade. «Ça, on n’avait pas du tout. C’est un cadeau de la commune.»
Comme au cabinet vétérinaire
Autre nouveauté majeure, l’espace vétérinaire : un vrai petit cabinet avec table d’examen réglable, balance et matériel pour les premiers soins et les vaccinations. «C’est une pièce très utile, car jusqu’ici, on effectuait les soins au milieu de la grande salle. Ce qui générait plus de stress pour les animaux.»
Côté chats, la quarantaine dispose d’équipements favorisant le bien-être des nouveaux arrivants, qui y passent au moins dix jours en box pour éviter tout risque. «J’ai déjà connu deux fois des épidémies au cours desquelles on a perdu près de 50 chatons», raconte-t-il, encore marqué par ces épisodes.
L’ancien bâtiment sera démoli
Si la nouvelle structure permet déjà d’optimiser l’accueil, le site n’est pas encore tout à fait terminé. En effet, le bâtiment aujourd’hui vidé sera bientôt démoli, ce qui permettra d’ajouter de nouveaux enclos, dont des espaces verts pour l’entraînement des chiens, ainsi que des places de stationnement.
De quoi gonfler la capacité de prise en charge des animaux. Pour les chiens, au nombre de sept actuellement, Raphaël Erpelding évoque jusqu’à une quinzaine de pensionnaires possibles selon leur taille et leur entente, contre à peine dix auparavant.
Pour les chats, la marge est plus importante : «S’ils sont sympas et en bonne santé, on peut monter jusqu’à 120. Avant, on avait parfois 70 chats, mais on se trouvait alors en surcharge.»
«Une bonne maison pour chacun»
Pour autant, le soigneur espère ne pas avoir à atteindre ces limites. «Pour moi, la protection animale signifie aussi agir pour leur bien-être ici. Si on acceptait trop d’animaux, je ne pourrai plus garantir leurs bonnes conditions de vie.»
Une philosophie qui guide également l’équipe dans les procédures d’adoption. Le refuge cherche à connaître les adoptants, leur logement, la présence d’enfants, d’un jardin et leur mode de vie. «On s’efforce de trouver une bonne maison pour chacun, pas de rendre heureux un client», assume Raphaël Erpelding.
Car les pensionnaires ne sont pas tous facilement adoptables. Certains ont vécu des maltraitances, comme Simba, un chien saisi par la police. «Il n’avait jamais vu de vétérinaire, il était plein de parasites et très mal éduqué.» Un animal qui demande beaucoup de patience.
D’autres cas illustrent des erreurs d’adoption: Ermis est un chien de troupeau qui a été pris par erreur pour un chien domestique. «Il est fait pour protéger un vaste terrain dans la nature et travailler avec un troupeau, pas vivre en appartement…»
L’équipe tente de faciliter l’acclimatation de ses protégés dans leur nouvelle famille, mais tous ne quitteront pas l’asile. Certains, trop âgés ou particulièrement fragiles, y restent de longues années, à l’image du chien Plato, qui vit là depuis quatorze ans.
Osée, elle, n’a pas supporté deux tentatives d’adoption. «Après un certain temps, c’est un peu plus dur», reconnaît Raphaël Erpelding, qui partage son bureau avec cette femelle Shar Pei. Un lien fort s’est tissé au fil du temps: «Au final, ce sont nos animaux, car on est avec eux tous les jours.»