Les Escher Bamhaiser voient plus grand

À Esch-sur-Alzette, le parc animalier Déierepark s’apprête à agrandir ses cabanes perchées dans les arbres. Portées par une forte demande, trois nouvelles villas sortiront de terre d’ici à 2029, avec deux nouveautés à la clé.

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La villa de Maisy aura de nouveaux voisins.
La villa de Maisy aura de nouveaux voisins.

Il était une fois trois petites cabanes cachées dans les arbres… À peine franchies les portes du parc animalier d’Esch-sur-Alzette, le Déierepark, inutile de faire preuve de beaucoup d’imagination pour se sentir transporté dans un conte de fées en approchant des Escher Bamhaiser. Au milieu de moutons, chevreuils, boucs et autres animaux, entourées de verdure, de petites constructions rouge et orange aux toits pointus en bois apparaissent.

Un porte-clés en forme de mésange à la main, Anne Meyers, la responsable des lieux, emprunte l’une des passerelles en bois perchées dans les airs et s’arrête devant une porte jaune. La voici arrivée devant la villa de Maisy, l’une des trois chambres d’hôtes que compte l’installation. Elle entre. Ici, petits et grands se trouvent une fois de plus dépaysés en un instant par le décor quasi féérique, entièrement constitué de bois, tissus et lumières tamisées. Pas de télévision en vue, mais des livres et jeux de société pour occuper les soirées, ce qui semble plaire si l’on en croit le nombre de réservations, mais aussi les petits mots et dessins d’enfants laissés dans le livre d’or posé sur la table de la cuisine.

Comme dans tout conte, il arrive un moment où la famille s’agrandit. D’ici à 2029, l’enclos actuel des cerfs accueillera ces villas pour répondre d’abord à la forte demande de location, car si au début de l’aventure, en 2018, seuls des Eschois venaient, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Sur les 4 066 nuitées enregistrées depuis 5 ans et demi, les visiteurs viennent du Luxembourg, mais aussi de la Grande Région, de Suisse, d’Allemagne…

Mais le projet était aussi nécessaire pour une autre raison : «C’était une vieille installation», explique Anne Meyers. «Autrefois, nous avions simplement les animaux dans des enclos, mais maintenant, nous essayons de faire des espaces qui leur conviennent autant qu’aux visiteurs. Et pour cela, il ne faut plus de grande surface plane où l’on voit tout du début à la fin, ce n’est pas intéressant pour les animaux de vivre dans un emplacement comme ça.» Réaménager le terrain et installer les cabanes au même endroit permet, selon la responsable, de régler les deux questions d’un coup.

Une réponse à une énigme

En décembre, dans un article du Wort, il était question de commencer les travaux sur les canalisations et sur le système électrique au printemps de cette année. Finalement, «nous avons décidé de tout commencer en même temps, en octobre», reprend Anne Meyers, qui ajoute dans un grand sourire : «Ce n’est pas que nous n’avons rien fait. Simplement, pour ne pas déranger les visiteurs, il n’y a encore rien de visible.»

Car c’est là toute la difficulté d’un chantier de trois ans dans un parc qui ne ferme pas : ne pas casser la magie pendant que la baguette s’active en coulisses. À partir d’octobre, plusieurs chemins seront donc condamnés, mais la palissade se veut ludique, avec des jeux intégrés pour les enfants. Un conteneur accueille par ailleurs une exposition présentant les plans du projet ; en empruntant les escaliers, les visiteurs auront une vue sur le chantier. Il ouvrira lui aussi en octobre. De quoi faire patienter le public jusqu’au prochain chapitre.

Ce projet de 3,2 millions d’euros a-t-il évolué? «Nous n’avons pas modifié grand-chose depuis le début de l’année, mais nous avons déjà rencontré la société pour le faire évoluer, nous travaillons dessus.» Le calendrier de trois ans et l’enveloppe budgétaire sont, pour l’heure, maintenus.

Bon mais alors, concrètement, à quoi ressembleront les Escher Bamhaiser dans trois ans? «Cela restera dans un esprit aventurier», indique la responsable. L’esthétique sera dans le même style, pour garder une unité. D’ailleurs, les nouvelles constructions ont été dessinées par le même architecte que celui des trois premières, Bergmann + Associés Architectes. La capacité restera elle aussi identique : deux maisons pour six personnes et une maison pour quatre personnes – «voire peut-être l’inverse, nous verrons», glisse Anne Meyers. Et, évidemment, l’idée générale demeure : «Offrir de la joie et de belles expériences aux gens parce que c’est ce dont on a besoin. Dans ce monde un peu chamboulé, il faut des endroits où l’on peut encore rêver, où l’on peut croire aux rêves.»

Deux changements majeurs sont néanmoins prévus. D’abord, une nouvelle catégorie d’hôtes va pouvoir faire une halte dans l’une des nouvelles cabanes : celle possédant des chiens, jusqu’ici refusés. Ensuite, de nouveaux personnages feront leur apparition. Comme pour les cabanes actuelles, chacune sera à l’image de l’habitant imaginaire censé y vivre. Après Maisy, Mia et le Dr Dachs, qui seront les prochains? Anne Meyers accepte de nous glisser un indice : «C’est quelqu’un qui accepte les chiens dans sa maison, sans doute les aime-t-il bien… Nous avions prévu des alpagas, mais finalement nous avons installé des moutons dans le parc…», sourit-elle. Le conte, lui, ne fait que commencer.

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