Luxembourg

191 000 animaux domestiques et toujours plus d'abandons

Le Luxembourg compte quelque 191 000 animaux de compagnie. Selon le Statec, un ménage sur trois en possède au moins un. Sur le territoire national, on recense près de 80 000 chats et 62 000 chiens.

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Un chat persan.
Parmi les 191 000 animaux de compagnie au Luxembourg, on compte plus de chats que de chiens.

Le Statec vient de publier les chiffres de sa première étude approfondie dédiée aux animaux de compagnie au Luxembourg en 2025.

D'après l'Institut national de la statistique et des études économiques du Grand-Duché, près d'un ménage sur trois, soit 92 000 foyers, possède au moins un animal de compagnie. Sans surprise, les chats et les chiens sont les plus nombreux, avec respectivement 80 000 et 62 000 représentants de leur espèce.

La détention d'animaux de compagnie est plus répandue chez les ménages vivant dans une maison individuelle : 43 % d'entre eux possèdent au moins un animal, contre seulement 21 % des ménages vivant en appartement. Dans ce cas, les chats sont privilégiés.

L'écart est particulièrement marqué en ce qui concerne les chiens. Ainsi, 27 % des ménages vivant dans une maison individuelle en possèdent un, contre seulement 9 % de ceux résidant en appartement.

1 900 euros de dépenses par an

En moyenne, les dépenses liées aux animaux de compagnie atteignent 1 900 euros par an, mais elles varient selon les profils. Environ 1 240 euros sont consacrés à l'alimentation et aux accessoires, tandis que les frais vétérinaires et autres services représentent environ 660 euros par an.

Les personnes seules âgées de 65 ans ou plus sont celles qui consacrent le budget le plus important à leurs animaux, soit près de 3 000 euros par an.+

Les statistiques

Abandons en série

Alors que les montants consacrés aux animaux de compagnie peuvent parfois paraître importants, certains propriétaires choisissent de se séparer de leur boule de poils. Au sein des différentes associations de protection des animaux, le nombre de nouveaux arrivants ne cesse d'augmenter.

«Depuis cinq ans, nous constatons que les prix des soins vétérinaires explosent. Pour un nombre croissant de familles, assumer ces frais devient impossible. L'animal est alors abandonné et il arrive parfois que son propriétaire omette de nous signaler qu'il nécessite une opération», regrette Mike Peter, de l'Escher Déierenasyl, la Société eschoise de protection des animaux.

Même constat au refuge pour animaux de Dudelange, où l'on enregistre environ une demande d'abandon de chien par semaine, et davantage encore pour les chats.

«Nous disposons de treize cages. Dix sont occupés par de grands chiens et la liste d'attente pour les abandons est longue», explique Oona Bindels, responsable des chiens au refuge de Dudelange.

Un chien blanc et brun se tient derrière le grillage d’un refuge pour animaux
Les grands chiens restent plus longtemps dans les refuges.

Un délai que certains propriétaires ne souhaitent pas toujours respecter. «Au cours des cinq dernières années, nous avons recueilli deux chiens qui avaient été attachés devant la porte du refuge», ajoute-t-elle.

Si certains grands chiens peuvent passer plusieurs années au refuge, d'autres sont adoptés beaucoup plus rapidement. «Les chiots ou les chiens de petite taille correspondent davantage à ce que recherchent les familles», souligne la responsable. Chez les chats également, les animaux de race trouvent généralement plus vite un nouveau foyer.

Concernant les raisons qui poussent les propriétaires à abandonner leur animal de compagnie, Oona Bindels évoque principalement les changements de vie, comme un divorce ou un déménagement. Les allergies figurent également parmi les motifs invoqués, tout comme la précarité, qui touche un nombre croissant de détenteurs d'animaux contraints de s'en séparer.

Le yoga avec des chiots interdit au Luxembourg

Il y a quelques semaines, le Luxembourg a interdit à un éleveur français d'organiser des séances de yoga avec des chiots. Ce phénomène de mode, venu d'Australie, consiste à pratiquer le yoga dans une salle en compagnie de jeunes chiens. Si les premières séances organisées à Wickrange ont affiché complet, l'Inspection vétérinaire a estimé que ce type d'activité n'avait pas sa place au Grand-Duché.

Derrière l'image séduisante d'un moment de détente entouré de chiots, les vétérinaires voient surtout une instrumentalisation de jeunes animaux soumis à des contraintes incompatibles avec leur bien-être.

«À première vue, ces séances de yoga ne s'apparentent pas à de la maltraitance, mais je ne comprends pas le principe. Ces chiots vont courir partout et semer la pagaille dans la salle. Le yoga est un moment pour se recentrer sur soi. Ces séances ne seront bénéfiques pour personne, ni pour les personnes qui pratiquent le yoga ni pour les animaux», estime Aurore Cauchois, vétérinaire au cabinet vétérinaire de l'Iris à Esch-sur-Alzette.

«Là où la situation devient plus problématique, c'est au niveau du transport. Comment un éleveur peut-il mettre des chiots âgés de huit semaines dans une voiture pour un trajet de plusieurs heures ? Ces chiots sont-ils tous originaires du même endroit ou existe-t-il un risque de propagation de virus, de parasites ou de maladies?», s'interroge la vétérinaire, qui s'oppose à ce concept.

«Si cela se faisait dans un autre contexte, je pourrais trouver cela intéressant. Si ce type de rendez-vous était organisé par une association locale ou un refuge de la région en vue de l'adoption de ces animaux, cela pourrait même être pertinent. Mais faire parcourir un aussi long trajet à des chiots issus d'un élevage, je ne comprends pas», ajoute Mélodie Lecompte, assistante du Dr Cauchois, qui soutient la décision de l'Inspection vétérinaire d'interdire ce genre d'activité au Luxembourg.

Des pétitions publiques qui concernent les animaux

Les animaux de compagnie occupent une place de plus en plus importante dans la vie de leurs propriétaires. Nombreux sont ceux qui les considèrent désormais comme de véritables membres de la famille. Cette évolution se reflète notamment dans les dépenses qui leur sont consacrées et dans l'attention croissante portée à leur bien-être.

Ces préoccupations se traduisent également dans les pétitions publiques consacrées aux animaux. Rien qu'en 2026, une quinzaine d'entre elles ont été déposées. Certaines peuvent sembler insolites, tandis que d'autres touchent à des sujets beaucoup plus personnels. C'est notamment le cas de la pétition réclamant l'autorisation de l'inhumation ou de la dispersion conjointes des cendres des humains et de leurs animaux de compagnie au Luxembourg.

D'autres pétitions demandent la mise en place d'un système de remboursement public des frais vétérinaires, ou encore un meilleur soutien aux détenteurs d'animaux domestiques, par exemple sous la forme de congés exceptionnels lorsqu'un animal est malade, en fin de vie ou doit subir une intervention vétérinaire.

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