Trop de tirs imposés en Moselle : les chasseurs assignent l’ONF en justice pour défendre le cerf

Le conflit qui oppose les chasseurs à l’Office national des forêts (ONF) sur la gestion des cervidés a franchi un nouveau cap et se déplace sur le terrain judiciaire. Le GIC du Donon a assigné l’ONF devant le tribunal judiciaire cet été sur la façon dont les locataires de chasse se voient imposer des objectifs de prélèvement.

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«On n’entend plus de brame du cerf dans de nombreux endroits du massif», déplore Jean-Pierre Treize, le président du Groupement d’intérêt cynégétique (GIC) du Donon mosellan. (Photo d’
«On n’entend plus de brame du cerf dans de nombreux endroits du massif», déplore Jean-Pierre Treize, le président du Groupement d’intérêt cynégétique (GIC) du Donon mosellan. (Photo d’

«Nous avions essayé d’établir un dialogue, mais il n’est plus possible depuis deux à trois ans», explique Jean-Pierre Treize.

En 2012, un accord avait été signé pour réduire la population de cerfs. Il s’agissait alors de prélever 540 individus en trois ans. Mais ces chiffres n’ont cessé d’augmenter et aujourd’hui, les chasseurs sont en profond désaccord avec l’ONF sur les estimations de populations et donc les prélèvements qui leur sont imposés.

Un objectif augmenté de 20 %

«Le nombre d’animaux à tirer est proche de la folie, dénonce Jean-Pierre Treize. Il nous est imposé cent cervidés sur mille hectares. Mais c’est dans un zoo qu’on trouve une telle concentration!»

Le Groupement d’intérêt cynégétique (GIC) critique ainsi une «notion d’objectif» qui augmente les chiffrages réalisés par la préfecture de 20 % et les mesures qui les accompagnent pour forcer la main aux chasseurs qui ne réaliseraient pas leur quota.

«On perd le droit de priorité de gré à gré», explique, par exemple, Jean-Pierre Treize. C’est-à-dire que la reconduction de la location de son lot de chasse n’est plus systématique.

450 cerfs à tirer par an

L’enjeu pour les chasseurs est la survie du cerf dans le massif du Donon. «On veut éliminer les noyaux de cervidés», expose le président du GIC. Sur les 450 animaux à tirer annuellement sur les 20 000 hectares du versant mosellan du Donon, il devrait personnellement en prélever quatre-vingts. «Mais cette année, c’est cent !», tonne-t-il, alors que les indicateurs de population sembleraient démentir une surpopulation, selon les chasseurs.

En vision nocturne, les comptages baissent de 20 % depuis trois ans et le poids des faons est en constante augmentation.

«Malgré ça, les plans de tir sont en hausse, c’est insupportable! Notre espoir est de réinstaurer une discussion. Il faut être le plus nombreux possible pour que l’administration réalise ce qu’elle est en train de faire.»

Olivier Simon

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