Thionville : quatorze ans de combat pour devenir mère

Entre inséminations, fécondations in vitro, clinique en Espagne mais aussi fausses couches, Elsa, de Thionville, a décidé de témoigner pour transmettre un message d’espoir aux autres.

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Elsa a décidé de raconter son parcours difficile pour devenir mère afin d’aider les autres.
Elsa a décidé de raconter son parcours difficile pour devenir mère afin d’aider les autres.

Heureuse dans son couple, à l’âge de 25 ans, elle décide de franchir le pas et de devenir mère. Malheureusement, pour Elsa, son projet de maternité n’a pas été un long fleuve tranquille. «Très vite, ma gynéco s’est rendu compte qu’il y avait un souci. Après la prise de nombreux médicaments, on s’est lancé dans les inséminations artificielles. Mais ça ne fonctionnait pas.» Des examens plus poussés sont réalisés et le verdict tombe : le couple a des difficultés. Elsa (NDLR : pour respecter l’anonymat de ses enfants, seul son prénom est indiqué) souffre d’endométriose et du syndrome des ovaires polykystiques. «On a alors attaqué une PMA (procréation médicalement assistée) à Mercy.» La deuxième tentative est la bonne. Elle est enceinte d’un garçon. Un premier bonheur.

Une fausse couche et une grossesse extra-utérine

«J’ai toujours voulu avoir deux enfants, donc, rapidement, on a remis ça. Mais le deuxième embryon qui avait été congelé n’était pas viable.» Pour avoir sa fille, la trentenaire n’a rien lâché, enchaînant les ponctions ovariennes, les prises de sang, entre espoirs et désillusions. «J’ai fait une fausse couche au bout de deux mois de grossesse. Le traitement pour évacuer l’embryon ne semblait pas avoir fonctionné, j’ai eu un curetage.»

Puis il y a eu une grossesse biochimique et une extra-utérine. «Je m’en suis beaucoup voulu, je ne comprenais pas pourquoi mon corps me faisait ça. Au bout de la quatrième FIV, la dernière autorisée et prise en charge en France, je me suis renseignée sur l’Espagne. Je savais que mes ovocytes n’étaient pas en bon état et que c’était certainement à cause de cela que ça ne fonctionnait pas.»

Sa fille a été conçue en Espagne

C’est donc à Madrid qu’elle a tenté le tout pour le tout, dans une clinique spécialisée, en ayant recours à l’ovocyte d’une autre. «J’ai eu de la chance, ça a marché du premier coup.» Mais à quel prix ?

Aujourd’hui, Elsa est épanouie, même si elle reste marquée par les épreuves et ses difficultés à devenir maman. «Le 15 octobre, c’est la journée du deuil périnatal. Je regrette qu’il n’y ait pas davantage de considération pour cela.» Elle n’oubliera jamais les urgences gynécologiques, encore moins les nombreuses ponctions qu’elle a eues à endurer. «C’était devenu une obsession. J’avais besoin de remplir ce corps qui était vide.»

Sa deuxième grossesse n’a pas été de tout repos non plus. «J’ai fait une prééclampsie puis une hémorragie post-accouchement. Mais je dis malgré tout merci à la vie, même si j’en ai bavé.» Voir ses enfants grandir vaut tous les sacrifices du monde. «Non, il n’y aura pas de troisième, je pense que j’ai eu ma dose! J’aimerais écrire un livre pour raconter mon parcours. Je suis ouverte à toute discussion pour aider, car, au bout, il reste toujours une lueur d’espoir.»

Sabrina Frohnhofer (Le Républicain lorrain)

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