Moselle : Maxim, atteint d’autisme, ne trouve pas d’école pour l’accueillir
Maxim, 7 ans, ne fera pas sa rentrée comme les autres enfants ce mardi. Atteint d’un trouble du spectre autistique (TSA) et d’un syndrome génétique rare, il est contraint de rester à la maison où sa maman lui fera l’école.
Lové dans ses doudous sur le canapé, Maxim scrute le sol, impassible aux discussions d’adultes. Atteint de troubles cognitifs et physiques, il éprouve des difficultés à échanger avec l’extérieur. «On a commencé à s’interroger lorsqu’il avait 2 ans», raconte sa maman, Laetitia Verdolino. Le diagnostic a été rapidement établi : trouble du spectre autistique (TSA), trouble de l’attention et de l’hyperactivité (TDAH) et syndrome génétique rare qui perturbe son développement neuronal.
Maxim se fatigue vite, a du mal à se servir de ses mains. Il souffre des reins et peut être sujet à de l’incontinence. Dernier d’une fratrie de cinq enfants, il vit dans une famille aimante, soudée et unie dans l’épreuve. «On est très seuls. On n’a plus de vie sociale. Quand ça vous arrive, les gens ne vous invitent plus souvent…», souffle sa maman.
«Ça n’a jamais été simple»
Cette dernière a sacrifié sa vie professionnelle pour s’occuper de Maxim. Dès ce mardi 1er septembre, elle réendossera son costume d’institutrice. Une fonction subie et improvisée, faute de mieux.
En février 2026, Maxim a dû quitter l’école Paul-Verlaine du Ban-Saint-Martin, où il était scolarisé en grande section de maternelle. Laetitia explique : «Ça n’a jamais été simple. En moyenne section, ça s’est très mal passé avec son AESH. Quand il est entré en grande section, on lui en a changé et c’était beaucoup mieux. Il a été exceptionnel…»
Mais un jour, tout déraille. «Les règles changent au quotidien. On l’a, par exemple, obligé à aller dans la cour à la récréation», rapporte sa maman. Maxim doit s’adapter. Privé de ses repères, il essuie une crise. «On m’a dit qu’il devenait dangereux. Que la solution, si ça se reproduisait, était que la directrice appelle les pompiers.»
L’école à la maison
Des solutions sont proposées à la famille Verdolino : orientation vers un Ditep (dispositif d’institut thérapeutique éducatif et pédagogique), abaissement de la durée hebdomadaire de scolarisation de Maxim… Aucune ne convient à la situation de l’enfant. «J’ai cherché à droite, à gauche. J’ai écrit à l’Éducation nationale, au ministre, au maire. Je me suis tournée vers d’autres établissements, y compris dans le privé. Mais il n’y avait plus de place.» Faute de quoi Maxim est à la maison depuis février. Cette année, il sera accompagné par le Cned (Centre national d’enseignement à distance).
Pas de place en classe Ulis
Désemparée et en colère, la famille s’interroge : «Pourquoi ce qui marche à l’étranger ne marche pas ici ? Personne ne sait où le scolariser. On est laissés à l’abandon.» En cette fin août, Laetitia a eu confirmation de la part de l’enseignante référente du Pial (Pôle inclusif d’accompagnement localisé) qu’il n’y aurait pas de place cette année en classe Ulis dans l’agglomération messine. «On dit que l’école est inclusive mais c’est faux. Entre février et juillet, personne ne s’est inquiété de savoir où était mon enfant.»
Maxim écoute, les yeux dans le vague. La rentrée sera différente cette année. «Pourtant, il adore l’école.» L’inverse serait-il moins vrai ?