Mobilisation du 24 octobre : manifestation interdite à Metz

En soutien à la mobilisation de la jeunesse et pour protester contre la vie chère, l’union départementale (UD) de la CGT Moselle a appelé à rejoindre la manifestation annoncée ce samedi 24 octobre à Metz. Mais l’organisation syndicale et la préfecture n’étaient pas d’accord sur le parcours. Vendredi soir, à 19 h, la préfecture de la Moselle a tranché en annonçant l’interdiction de la manifestation.

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Jeudi, le président de la République français, Emmanuel Macron, a déclaré que seules les manifestations organisées par les syndicats étaient susceptibles d’être autorisées ce week-end. (Photo d'
Jeudi, le président de la République français, Emmanuel Macron, a déclaré que seules les manifestations organisées par les syndicats étaient susceptibles d’être autorisées ce week-end. (Photo d'

MAJ : Un référé liberté déposé par la CGT 57

Face à l’interdiction de manifestation, à Metz, prononcée ce vendredi soir, 23 octobre, par la préfecture de la Moselle, Aline Leroux, la secrétaire générale de la CGT Moselle, a déposé, cette nuit, un référé liberté. Il s’agit d’une procédure d’urgence visant à faire retoquer l’arrêté d’interdiction pris par le préfet de la Moselle, Pascal Bolot, afin de préserver une liberté fondamentale ; en l’occurrence, celle de manifester.

Le recours est examiné par le tribunal administratif de Strasbourg depuis 10 h, ce samedi matin.

En soutien à la mobilisation de la jeunesse et pour protester contre la vie chère, l’union départementale (UD) de la CGT Moselle a appelé à rejoindre la manifestation annoncée ce samedi 24 octobre à Metz. En conséquence, la secrétaire générale de la CGT Moselle, Aline Leroux, a déclaré ce jeudi après-midi la manifestation et le parcours souhaité auprès du représentant départemental de l’autorité de l’État, le préfet de la Moselle, Pascal Bolot.

«Conscients qu’il était souhaitable d’éviter l’hypercentre de Metz, nous avons proposé un parcours au départ de l’Esplanade certes, mais qui cheminera en dehors du centre-ville pour s’achever sur le parvis des Droits-de-l’homme», explique Jean-Baptiste Delgenes, adjoint à la secrétaire générale.

«Invisibiliser la lutte»

«Nous étions plutôt sereins mais nous avons reçu, ce vendredi matin, un appel de la préfecture qui n’est pas d’accord que la manifestation s’achève sur le parvis des Droits-de-l’Homme et donc à proximité du centre commercial Muse», où des heurts entre forces de l’ordre et casseurs ont éclaté en marge de la mobilisation du 17 octobre. C’est pourtant, selon le syndicat, la seule place, en dehors du centre-ville, en capacité d’accueillir plus de 2 000 manifestants.

Les services de l’État ont proposé un parcours bien plus excentré encore que rejette, cette fois-ci, l’organisation syndicale. «C’est une manière d’invisibiliser la lutte, estime Jean-Baptiste Delgenes. Nous refusons d’être les fossoyeurs du mouvement en acceptant cela.» L’UD CGT Moselle refuse donc le parcours proposé par la préfecture de la Moselle mais maintient sa déclaration de manifestation et sa proposition de parcours.

«Risques identifiés»

Deux solutions sont envisageables : «Soit la préfecture accepte notre parcours, soit elle le refuse et prend un arrêté d’interdiction.»

La préfecture de la Moselle a donné sa réponse ce vendredi soir, à 19 h. «Compte tenu des risques identifiés sur le parcours proposé et des garanties insuffisantes concernant le service d’ordre, un itinéraire alternatif prévoyant un départ et une arrivée au parc de la Seille a été proposé à l’organisateur. Cette proposition ayant été refusée, le préfet de la Moselle a interdit la manifestation», a-t-on appris par voie de communiqué de presse.

Les commerçants restent positifs : «Venez profiter du centre-ville !»

Dans quel état d’esprit sont les commerçants de Metz, à l’approche d’une éventuelle manifestation ce 24 octobre? Du côté des PME (Les Entrepreneurs 57), la présidente Nadège Risse incite à prendre du recul. «Nous avons obtenu les chiffres officiels : une quarantaine de commerces ont été ciblés sur l’ensemble du Grand Est, samedi 17 octobre, principalement en Alsace. À Metz, deux vitrines ont été vandalisées. C’est deux de trop, c’est inadmissible! Mais n’amplifions pas les dégâts, restons positifs pour le commerce.» Loin par exemple des 317 commerces pillés à Marseille, selon notre consœur de La Provence.

Du côté des Vitrines de Metz, la principale fédération des commerçants, Jean-Philippe Rouggiero décrit : «La peur est légitime. Certains disent qu’ils n’ouvriront pas samedi. Mais lors de la réunion que nous avons eue en préfecture, mercredi 22 octobre, le dialogue est allé dans le bon sens. Tout est mis en place pour que nous ouvrions normalement.» Jean-Philippe Rouggiero incite à «se couper des images anxiogènes qui tournent en boucle à la télé. L’être humain fonctionne à l’affect : plus on se focalisera sur ces vidéos violentes, moins nous agirons de façon rationnelle. Nous incitons les habitants à venir profiter de leur centre-ville!»

Hubert Gamelon

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