Metz : livraison en hyper-centre : les camions thermiques interdits d’ici deux ans
Tous les matins, c’est le même ballet en hypercentre : des camions de livraison se croisent dans les rues marchandes au milieu des passants, des vélos et des trottinettes.
On n’imagine plus aujourd’hui fumer une cigarette dans un restaurant, ni même conduire sans sa ceinture de sécurité. L’interdiction des camions de livraison au centre-ville nous paraîtra peut-être tout aussi naturelle dans quelques années.
L’idée, en tout cas, est dans les tuyaux depuis longtemps. En 2012 déjà, les scientifiques du LGIPM (Laboratoire de génie industriel de production et de maintenance) de l’université du Saulcy avaient proposé un système avec des véhicules électriques et une plateforme en périphérie.
Au centre-ville de Metz, rien n’a changé excepté la disparition des bus thermiques et l’augmentation des trottinettes et des livreurs à vélos. «Tous les matins, on voit cohabiter des piétons, des cyclistes et des camions de livraison dont certains atteignent 17 tonnes», dénonce le maire François Grosdidier. Depuis 2021, la Ville a lancé différentes études avec La Poste et le Cerema (Centre d’expertise qui accompagne les collectivités à aménager leur territoire) pour traiter ce qu’on appelle la logistique du «dernier kilomètre».
Des engins légers et électriques
Cette fois-ci, promet le maire de Metz, une solution a été trouvée. L’étude InTerLud, comme Innovations territoriales et logistique urbaine durable (1), sera livrée au mois de juin.
Son principe est le suivant : tous les véhicules thermiques et lourds seront interdits sur le plateau piétonnier. Seules les livraisons de matériaux très lourds seront exceptionnellement autorisées. Les engins de travaux auront une dérogation.
Pour pénétrer dans l’hypercentre, « il faudra conduire un engin léger et électrique, en attendant l’hydrogène », appuie François Grosdidier. Les livraisons se feront à partir d’une ou plusieurs bases logistiques situées en périphérie. Différents sites sont identifiés. «Ce n’est pas simple : si c’est trop près, il n’y a pas assez de place ; sinon c’est trop loin pour les vélos».
Des vélos-cargos en appui
L’étude a pris en compte la complexité des flux : «Les trois-quarts des livraisons sont assurées par une poignée de gros livreurs. Mais le dernier quart dépend d’un grand nombre de petits livreurs», résume l’édile.
D’ici deux ans, les gros devront être équipés en véhicules autorisés «sinon, ils ne rentreront pas». Parmi ces fournisseurs, certains ont déjà pris les devants pour rendre le dernier kilomètre moins cher et moins polluant. La Poste, DHL, Amazon ou encore la SNCF rationalisent déjà leur distribution.
Pour le dernier quart, celui des petits livreurs, «on confortera ce qui existe déjà et on les aidera à se développer», reprend le maire.
Par exemple, le principe des vélos-cargos de Bliiida (Les Coursiers de Metz) qui assurent une partie anecdotique des livraisons deviendra le système dominant. Avec pour effet d’apaiser les mobilités en hypercentre.