Metz : il la frappe avec un maillet et lui rase la tête

Un Messin, déjà condamné à 17 reprises, a écopé de trois ans de prison ferme en comparution immédiate. Soupçonnant la mère de ses enfants d’infidélité, il l’a violemment agressée.

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L’homme devra 2 000 euros à son ex ainsi que 1 500 euros aux policiers pour sa rébellion. (Photo d'
L’homme devra 2 000 euros à son ex ainsi que 1 500 euros aux policiers pour sa rébellion. (Photo d'

«Si vous m’accordez du temps, je vais vous expliquer en détail. Elle a sa version, j’ai la mienne.» «On a des photos qui accréditent quand même sa version», répond la présidente. En face, Samuel n’est pas énervé mais un tantinet vif. On sent chez lui la volonté d’en découdre, de lâcher les vannes. Lui qui jure, «sur les yeux de mes enfants (sic)», n’avoir rien fait.

Ce n’est pas ce que dit son ex et mère des petits : ce 31 mai, c’est un être totalement incontrôlable et ivre de colère qui s’en prend à Adeline (prénom changé). Dans l’appartement du mis en cause, à Borny, elle lui répète qu’ils ne sont plus ensemble. Lui la soupçonne d’infidélité et part dans un tourbillon de violences : l’homme de 36 ans la frappe avec ses poings puis avec… un maillet. Adeline est frappée à la cheville et au visage. Une sauvagerie à l’extrême : celui qu’elle accuse prend ensuite une tondeuse et… lui rase une partie du crâne.

La police est alertée. Samuel s’enfuit entretemps mais est retrouvé un peu plus loin dans le quartier. Il résiste à son arrestation. Les trois hommes en uniforme reçoivent des coups, l’un d’eux est contraint d’user de la matraque télescopique pour maîtriser le père de famille.

Voilà donc le Messin en comparution immédiate ce 12 août, lui qui a refusé d’être jugé une première fois après les faits. Il n’avait même pas voulu sortir de sa cellule à Queuleu. Face à la présidente et aux magistrates, le prévenu nie tout avec aplomb. «Elle s’est autofrappée (sic) et c’est elle qui s’est rasé les cheveux». Idem pour la rébellion : «C’est pas moi qui ai violenté les policiers, ce sont eux qui m’ont frappé. Bien sûr qu’ils mentent!».

«Il lui a enlevé toute féminité»

L’homme aux 17 mentions à son casier déclare aussi «qu’il n’a jamais été question de séparation» avec la mère de ses enfants, même s’il la soupçonnait d’aller voir ailleurs. C’est pour cette raison qu’ils se seraient disputés cet après-midi du 31 mai. Mais l’intéressé continue de tout contester. «C’est elle qui est plus violente que moi : elle s’est déjà tailladé les veines.» Il poursuit à l’attention des magistrates : «Vous me parlez comme si j’étais coupable. Mais j’ai voulu la protéger d’elle jusqu’au bout». «C’est pour ça que vous avez fui avant l’arrivée de la police et que vous l’avez laissée dans cet état-là», raille la présidente.

«Protection» n’est pas non plus le terme approprié pour Me Royer : «Il l’a tabassée! C’est le seul mot adapté». L’avocate d’Adeline, laquelle a eu 10 jours d’ITT (incapacité temporaire de travail), s’attarde aussi sur l’épisode de la tonte, en rappelant les heures sombres de la Libération où les femmes ayant collaboré avec l’ennemi avaient été rasées. «En commettant cet acte extrême, il a voulu l’humilier au maximum, il lui a enlevé toute féminité.»

Les réquisitions font le reste et en dépit de la plaidoirie de son avocat, Me Grandclaude, Samuel R. écope de trois ans avec maintien en détention. Il lui est interdit d’entrer en contact avec Adeline durant 36 mois et surtout, comme l’avait demandé la parquetière, son autorité parentale lui est retirée.

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