Manom : «Ils se servent comme au marché»

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Romain Vatry a investi dans des caméras de surveillance. Plusieurs angles couvrent désormais le terrain. Résultat : les vols sont filmés, mais pas empêchés.
Romain Vatry a investi dans des caméras de surveillance. Plusieurs angles couvrent désormais le terrain. Résultat : les vols sont filmés, mais pas empêchés.

Romain Vatry n’a plus de saison tranquille. Depuis plusieurs années, ce maraîcher basé à Koenigsmacker mais exploitant plusieurs hectares à Manom voit ses champs pillés à répétition.

À Manom, sur l’exploitation du maraîcher Romain Vatry, les voleurs ne se cachent pas, et ont pris leurs habitudes. Ils arrivent avec des cabas, comme pour faire leurs courses, leur marché, sans passer par la case paiement. Hommes, femmes, jeunes, moins jeunes : aucun profil ne se dégage. Ils se servent directement dans les allées, à la vue de tous.

«Les vols surviennent à des jours et des heures différents, sans logique apparente, témoigne celui qui a déposé à ce jour une vingtaine de plaintes. Un jour au petit matin, un autre en plein après-midi, ou la nuit. Un fait semble établi : l’hiver, on est tranquille.» Dès les beaux jours, tout recommence.

Un détail interroge. Les voleurs ne prennent pas tout. Selon Romain Vatry, «ils ignorent salades, poireaux, oignons. Ils visent les fruits et légumes d‘été : ceux qui se mangent tout de suite, sans préparation. Pire, ils arrachent parfois les plants entiers, compromettant les récoltes à venir».

Depuis 2025, les volumes dérobés augmentent. Une saignée régulière pour l’exploitation, d’autant que cette année, «la production est moindre avec les effets de la canicule».

Des caméras qui ne dissuadent pas

Romain Vatry a pourtant investi dans des caméras de surveillance. Plusieurs angles couvrent désormais le terrain. Résultat : les vols sont filmés, mais pas empêchés. Les images ne semblent freiner ni les habitués ni les nouveaux venus. Les forces de l’ordre sont averties. Sans suite visible à ce jour. Pour autant, le Mosellan et des proches ont tenté d’aller plus loin. Plusieurs fois, des voleurs pris sur le fait ont été pourchassés. Sans succès. Ils s’échappent, disparaissent, reviennent plus tard.

Le contraste est amer. «On travaille et eux s’en fichent», lâche le maraîcher. D’un côté, des mois d’efforts pour faire pousser une récolte. De l’autre, des passants qui se servent sans se soucier des conséquences.

Les caméras ont changé le quotidien de l’exploitant, mais pas comme il l’espérait. Désormais, avant même de commencer sa journée de travail, Romain Vatry doit visionner les enregistrements de la nuit. Un relevé systématique, devenu la première tâche de chaque matinée. Autre coup dur : l’assurance ne couvre rien.

Pour Romain, chaque vol reste une perte sèche, absorbée seul, sans filet de sécurité financier. Face à l’échec de la vidéosurveillance classique, le quadragénaire change de stratégie. Un nouveau système va être installé sur l’exploitation : il déclenchera une alerte directement sur son téléphone portable dès qu’une présence sera détectée sur le terrain. Suffisant pour dissuader les intrus? L’organiste à ses heures perdues l’espère.

E. C.

(Le Républicain lorrain)

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