Le sud de la Moselle a soif
Sarrebourg a longtemps bénéficié de l’excellente qualité des eaux de source qu’elle achemine depuis le massif du Donon. Mais d’année en année, l’eau disponible durant la période d’étiage baisse inexorablement.
Sur ce sentier perdu sur le flanc du Donon, l’eau ruisselle en abondance, trempant les pieds des randonneurs qui s’y sont risqués. Mais en ce début d’octobre, ce n’est pas le cas. Dissimulé sous la végétation non loin, le captage Grossmann 1 confirme ce que des mois de sécheresse laissent présager. Plus bas dans la vallée, une chambre collectrice réunit les eaux de quatre sources pour les envoyer à Sarrebourg. Son trop-plein ne restitue plus une goutte au milieu naturel. Certes, on pourrait évoquer la fin d’une période d’étiage ou un «super El Niño». Mais pour ces sources, la Ville de Sarrebourg dispose de mesures effectuées depuis 2003. Elles permettent de quantifier objectivement cette ressource si précieuse, autrement que par le « ça coule moins » qui s’entend par ailleurs.
En période humide, ces quatre captages implantés sur le territoire d’Abreschviller peuvent délivrer entre 300 et 350 m3/h. Le début de l’étiage, toujours en décalage avec la saison, débute normalement fin juillet. Cette période de basses eaux a démarré avec un mois d’avance. Les relevés effectués en septembre montrent une diminution importante du débit. En effet, les sources du massif vosgien sont directement dépendantes des précipitations et de la recharge des réserves souterraines. «C’est surtout la neige qui gonfle les sources et permet de vraiment nourrir les sols», explique Guillaume Cuny, responsable Eau des services techniques de la Ville.
Baisse phénoménale
En septembre 2015, le débit des quatre captages affichait 210 m3/h. En septembre 2023, 135 m3/h et en septembre 2026, seulement 96 m3/h. Soit une baisse phénoménale de 54,3 % en onze ans.
Le Service des eaux dispose de deux forages dans la nappe des grès du Trias inférieur (principaux aquifères du bassin Rhin-Meuse et de la Lorraine) pour sécuriser son approvisionnement. En 2007, on n’y recourait jamais. Puis, plutôt en été, mais ce n’est plus la norme. Des ponctions ont par exemple été effectuées dès mai. L’utilisation d’un forage a de plus un avantage : il permet un apport quasi immédiat, alors qu’il faut 24 h pour qu’une modification au Donon se répercute à Sarrebourg.
Une bonne nouvelle tout de même : les besoins journaliers en eau de la ville de Sarrebourg ont diminué et se situent entre 2 200 et 2 500 m3 par jour. « Cette baisse de la consommation s’explique par la sensibilisation aux économies d’eau et la recherche de fuites. Ce qui contribue à limiter la pression exercée sur les ressources naturelles. »
(Le Républicain lorrain)