La maternité de Mont-Saint-Martin renonce aux accouchements

La maternité de Mont-Saint-Martin n’accueillera plus de parturientes. La structure deviendra un centre de suivi périnatal d’ici la fin de cette année. Les naissances devraient se dérouler au CHR de Metz-Thionville. Un plan social devrait être activé dans les prochaines semaines.

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Vendredi 9 octobre, le personnel de la maternité de l’hôpital de Mont-Saint-Martin avait organisé un rassemblement, en présence d’élus du Pays-Haut.
Vendredi 9 octobre, le personnel de la maternité de l’hôpital de Mont-Saint-Martin avait organisé un rassemblement, en présence d’élus du Pays-Haut.

Le couperet est tombé. Mercredi, la direction du Groupe SOS Santé a annoncé la transformation de la maternité de Mont-Saint-Martin en centre périnatal de proximité. En clair : la fin des accouchements. Depuis plusieurs semaines, des discussions étaient ouvertes avec les organisations syndicales, les représentants du personnel et les équipes de la maternité, concernant la réorganisation de l’offre de soins obstétricaux, gynécologiques et périnataux.

Selon la direction, le maintien des accouchements sur le site n’était plus possible. La faute «aux difficultés structurelles de recrutement en gynécologie obstétrique. Malgré les démarches engagées depuis plusieurs mois, il n’a pas été possible de constituer une équipe médicale stable permettant de garantir, dans la durée, la sécurité des accouchements.» Le dernier gynécologue obstétricien titulaire est ainsi sur le départ.

Fin 2026

La maternité saint-martinoise enregistre environ 300 naissances par an. «Or les recommandations sanitaires soulignent l’importance de pouvoir s’appuyer sur des équipes complètes, exerçant une activité suffisante et disposant d’un environnement médical adapté pour faire face aussi bien aux situations courantes qu’aux urgences les plus complexes.» De ce fait, l’ARS (Agence régionale de santé) n’a pas renouvelé son agrément.

Pour le groupe SOS Santé, «les travaux se poursuivent avec l’ARS, le CHR de Metz-Thionville et le CHRU, afin de définir les modalités opérationnelles du transfert des accouchements». La mise en œuvre devrait être effective avant la fin de l’année 2026.

Clément Lacoin rappelle que la réorganisation de l’activité maternité ne remet pas en cause l’accès à l’IVG à Mont-Saint-Martin. Pour le directeur, «les pistes visent à renforcer l’offre de périnatalité de proximité. Il liste la mise en place d’un SMUR (NDLR : service mobile d’urgence et de réanimation) obstétrical, la création d’un centre de périnatalité de proximité, l’ouverture de consultations avancées dans les communes du Pays-Haut; l’accompagnement renforcé des jeunes parents à domicile; une permanence d’accès aux soins gynécologiques et obstétricaux; le déploiement d’une offre mobile de consultations gynécologiques.

«Tout était joué d’avance»

Abasourdi, le personnel a le sentiment de s’être fait flouer. «Tout était joué d’avance.» Mais refuse de baisser les bras. «Nous allons encore nous battre, pour nous, pour les femmes et le territoire.» Alors même qu’un plan social est envisagé. Le service compte 34 postes (20 sages-femmes, sept auxiliaires de puériculture et sept aides-soignantes). Vendredi 9 octobre, le collectif de l’équipe de maternité avait déjà initié un rassemblement.

Les syndicats de l’établissement (FO et CFDT) ont été muets durant cet épisode. L’Union départementale CGT de Meurthe-et-Moselle, elle, dénonce une fermeture qui contraindrait les femmes enceintes du bassin de Longwy à se rendre dans d’autres maternités, notamment à Arlon (Belgique) ou à Thionville.

«Cela représenterait des distances supplémentaires et des temps de trajet allongés, avec des contraintes importantes à l’approche de l’accouchement ou lorsque celui-ci débute de manière imprévisible. En cas de complication ou d’urgence concernant la mère ou le nouveau-né, l’éloignement d’une maternité adaptée peut compliquer la prise en charge et accroître les risques.»

Les élus du territoire ont été cantonnés au rôle de simples spectateurs de cette transformation, sans poids sur les décisions du Groupe SOS Santé.

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