Gandrange : une possible défaillance du réseau anti-incendie
Première constatation, primordiale pour la suite des événements après l’incendie majeur du 2 août : le système d’arrosage était en maintenance.
Le réseau de distribution d’eau de la plateforme Safe, dont l’entrepôt a brûlé le dimanche 2 août dans la zone industrielle de Gandrange, provoquant l’immense panache de fumée que l’on sait, était en maintenance. C’est l’information à retenir, après l’inspection menée lundi par les agents de la Dreal (Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement).
Ce passage des services de l’État était prévu dans un mois, après une première visite en septembre 2025 qui avait révélé des «manques et incohérences » dans le fonctionnement de la société. Le gigantesque incendie du 2 août a précipité les choses.
Cette nouvelle inspection a donc permis de constater cet état de fait pas anodin : le réseau d’eau, servant notamment à la protection incendie, était en maintenance. Et ce, depuis la veille. Conséquence : le système d’alerte a bien été déclenché à 9 h 43 ce 2 août, provoquant l’arrivée de l’employé d’astreinte et des pompiers, mais le système d’arrosage automatique n’aurait pas fonctionné.
Ce «sprinkler», utilisé pour contenir un incendie avant l’arrivée des secours, se déclenche quand la température s’élève anormalement ou lorsque de la fumée apparaît dans un lieu clos. «Il semble que ce système n’ait pas fonctionné car le réseau d’eau industriel était en maintenance depuis samedi », avance sans détour Clément Ritter, le chargé de communication du groupe Suez (Safe est l’une de ses filiales, NDLR) pour les régions Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté.
Une réserve d’eau inaccessible
Le porte-parole du groupe précise : «Il s’agit d’une opération annuelle programmée sur un week-end en été pour impacter le moins possible l’activité industrielle. Durant cette maintenance, pour assurer la protection incendie, nous disposons d’un bassin d’eau de 800 m3.» Ce bassin serait situé non loin de l’entrepôt qui a brûlé. «Mais en raison de la propagation rapide des flammes, les sapeurs-pompiers n’ont pas pu accéder à ce bassin», affirme le représentant du groupe français spécialisé dans la gestion de l’eau et des déchets.
Clément Ritter poursuit : «Samedi à 17 h, une ronde avait été menée par le salarié d’astreinte équipé d’une caméra thermique et rien d’anormal n’avait été décelé. Aucune montée de température inquiétante. Nous continuons à travailler avec les services de l’État. On attend les résultats de l’enquête, même si elle s’annonce longue. Il y aura bien sûr un retour d’expérience pour voir ce que l’on peut améliorer. Peut-être faudra-t-il déménager ce bassin pour faciliter son accès aux sapeurs-pompiers.»
Du côté des autorités, Jérôme Seguy, secrétaire général de la préfecture 57 et sous-préfet de Metz, insiste sur ce point : «Même si l’entrepôt s’est effondré, les agents de la Dreal disposent d’éléments pour mener à bien leur travail. Tout n’a pas brûlé dans cet incendie. Le bâtiment administratif a été préservé, de même que des cuves extérieures.»
Le haut fonctionnaire détaille : «Le but des inspections de la Dreal, c’est de s’assurer que les conditions d’exploitation sont réunies pour assurer le respect des normes environnementales et la protection de la population. Il s’agit de fixer en amont les conditions permettant l’exercice de l’activité de l’entreprise. Et ce, afin d’éviter que des problèmes ou des incidents de ce genre surviennent.»
D’ailleurs, la préfecture a pris attache avec les cinq autres entreprises installées sur ce site appartenant à ArcelorMittal, qui alloue des emplacements à ces sociétés. Elles disposeraient d’un système incendie similaire. «Nous leur avons demandé de vérifier leur dispositif», souligne Jérôme Seguy. Parmi les sociétés en question, RTE : l’opérateur y exploite un transformateur de 225 000 volts…