Canicule : Metz réfléchit à sa gestion de l’eau

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Rachel Burgy, présidente du Syndicat des eaux de la région messine : «Nous avons eu la chance d’avoir un lac de Madine rempli cet hiver».
Rachel Burgy, présidente du Syndicat des eaux de la région messine : «Nous avons eu la chance d’avoir un lac de Madine rempli cet hiver».

La sécheresse entraîne des rationnements du débit d’eau potable en France. Les 38 communes du Syndicat des eaux de la région messine (SERM) sont à l’abri. Mais il faut gérer un joyau avec parcimonie : le lac de Madine.

Les pluies tombées sur Metz apportent de la fraîcheur, mais elles ne rattrapent évidemment pas la canicule. La métropole reste classée en orange (niveau 4 sur 5) par la préfecture, concernant les risques de feu de forêts. C’est l’occasion de s’interroger sur la ressource en eau potable. D’où vient l’eau du robinet? Quels sont les risques de tension? La présidente du Syndicat des eaux de la région messine (SERM), Rachel Burgy, répond avec pédagogie.

La plupart des villes captent l’eau en utilisant deux leviers : les nappes phréatiques et la rivière locale. Metz possède en prime une sécurité incroyable, telle une «gourde» géante : le lac de Madine. «Il avait été creusé par Metz dans les années 1970, explique Rachel Burgy. Notre syndicat des eaux gère toujours les ouvrages.»

Le syndicat peut ouvrir les vannes, pour alimenter une rivière dénommée «Rupt-de-Mad». Cette dernière alimente les 38 communes du syndicat messin, à 60 % du besoin global. Au final, Metz n’a besoin des puits «que» pour 40 % de l’approvisionnement. Ces «champs captants», en langage technique, se situent à Gorze, Hauconcourt et Woippy. «Toute l’eau, qu’elle provienne des nappes ou de Madine/Rupt-de-Mad, est traitée dans notre unité de Moulins-lès-Metz, gérée par Veolia.»

En attendant la pluie

Une source intarissable? Non! «Nous pouvons utiliser jusqu’à 10 millions de m3 par an dans Madine», précise Rachel Burgy. Une jauge maximale, qui n’a jamais été atteinte. «Lors de l’année record de 2003, nous avions utilisé 8 millions de m3». Cet été, où en est-on? «Aux derniers relevés, datant du 15 août, nous avions atteint les 2,7 millions de m3 utilisés depuis le début de l’année. On se projette à 5 millions de m3 d’ici fin septembre… Pour le reste, tout dépendra des trois derniers mois de l’année.» Conclusion : il faut un automne et un hiver pluvieux pour remplir le lac.

Rachel Burgy n’utilise pas le mot «puiser» quand elle évoque Madine. «Dans les m3 qui disparaissent, il n’y a pas que nous! L’évaporation est un facteur clé. En juillet, les deux tiers des volumes décomptés en moins dans le lac résultaient en fait de l’évaporation (NDLR. : contre 1/3 seulement reversé dans la rivière du Rupt-de-Mad). En août, sur la première quinzaine, l’évaporation représentait 50 % des baisses de volumes.»

La «gourde géante» de Madine reste soumise à deux variables : les pluies en automne/hiver et la puissance de l’évaporation l’été. «Cet été, malgré une bascule environnementale claire, nous avons eu la chance d’avoir un lac rempli cet hiver», note Rachel Burgy. Le syndicat ne pouvant miser sur une danse de la pluie, il doit anticiper tous les modèles. «Les ouvrages de Madine appartiennent au syndicat de Metz, mais l’eau n’appartient à personne.»

Madine est aussi un lieu touristique, une faune et une flore remarquables, une ressource qui pourrait intéresser des agriculteurs ou des gestionnaires de forêts avec le réchauffement climatique, etc. Il n’y a aucune raison de se comporter en pachas avec l’eau à Metz. «Il n’est pas exclu que les débits du robinet soient parfois réduits sur des périodes clés, glisse Rachel Burgy, si, à l’avenir, Madine ne se rechargeait pas assez». L’élue insiste : «Nous poursuivons la chasse aux fuites d’eau sur le réseau de distribution, mais aussi la remise en état du puits défaillant de Woippy.»

Un combat qui n’a rien de solitaire : des petits syndicats d’eau autour de Metz, ou des villages non raccordés, ont besoin de la puissance du Syndicat des eaux de la région messine pour s’approvisionner.

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