A31bis : un feu vert satisfaisant pour les uns, «lamentable» pour les autres

L’avis favorable donné par la commission d’enquête publique sur le projet A31bis en Moselle-Nord ne met pas tout le monde d’accord à Florange, en première ligne du tracé. Tour d’horizon du côté des élus, entreprises et associations concernés.

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Florange, ville sous laquelle passera un tunnel long de 2,2 km, est en première ligne du projet A31bis et de cette future transformation du paysage nord-mosellan.
Florange, ville sous laquelle passera un tunnel long de 2,2 km, est en première ligne du projet A31bis et de cette future transformation du paysage nord-mosellan.

La commission d’enquête publique a récemment rendu un avis favorable à la déclaration d’utilité publique (DUP) du projet autoroutier A31bis en Moselle-Nord, indispensable au lancement du chantier.

Florange, ville sous laquelle passera un tunnel long de 2,2 km, est en première ligne de cette future transformation du paysage nord-mosellan. Sans surprise, bon nombre de préoccupations y ont été exprimées, que ce soit de la part des élus, des entreprises implantées sur la zone Sainte-Agathe, des associations comme celle de sauvegarde du site de Bétange, ou simplement des administrés… Et le feu vert de la commission semble diviser.

«Une attention particulière a été donnée aux préoccupations portées par la Ville de Florange, indique Rémy Dick, le premier édile, qui se félicite par ailleurs de cet avis favorable. Cela se traduit par la validation de la quasi-totalité des demandes florangeoises, dont l’intégration de tranchées couvertes à l’entrée et à la sortie du tunnel, la poursuite du dialogue avec les entreprises de la zone industrielle de Sainte-Agathe pour établir une stratégie de relocalisation. Ainsi que la non-réalisation des mesures de compensation sur les emprises situées au droit de la section souterraine, sur lesquelles la Ville mène un projet de concession d’aménagement.»

Les trois réserves émises par la commission d’enquête publique portent sur le respect de la trentaine d’engagements pris par les autorités, l’installation d’une station de mesure fixe de la qualité de l’air à proximité de la sortie nord du tunnel et une clarification sur l’échangeur Sainte-Agathe. Il conviendra en outre d’en informer rapidement les entreprises concernées, dans le flou quant à leur avenir.

«Absolument pas ce qu’on attendait!»

Créé pour défendre les droits et faire entendre la voix des entreprises impactées par le tracé du projet, le collectif Alliance Sainte-Agathe – fort de 32 membres fondateurs –, a vu le jour en avril dernier.

Pour William Pedrini, son président, «cet avis favorable est à se demander à quoi sert l’enquête publique… Ce n’est pas possible, toutes les voix ne sont pas prises en considération. Ce n’est absolument pas ce qu’on attendait! C’est lamentable qu’il n’y ait pas plus de considération, et, pour le moment, on en est toujours au même point, déclare le patron de CMI équipement. Ce serait bien que des représentants de l’État viennent à notre rencontre pour nous avertir des prochaines échéances.»

«Grands oubliés de ce rapport»

Un point de vue partagé par l’association de sauvegarde du site de Bétange, qui s’est toujours dit «solidaire» avec le combat de ces entreprises. «La commission reconnaît les enjeux patrimoniaux et écologiques mais ne tire pas les conséquences de ces derniers. Le domaine de Bétange et les habitants de Terville sont les grands oubliés de ce rapport. Le seul point positif? Il est dit qu’installer les entreprises près du domaine ne serait pas raisonnable», commente Fanny Aymer, la présidente.

Elle attend désormais un engagement de l’État sur ce point, tout comme sur quatre autres : une tranchée couverte à l’entrée nord du tunnel sur toute la longueur du domaine de Bétange et des habitations de Terville, une véritable réévaluation de l’utilité socio-économique du projet, la protection ferme du domaine de Bétange et la réévaluation du projet au regard de cette protection.

«L’ensemble constitué par le château, le parc et l’allée des Marronniers doit être considéré comme un patrimoine indivisible dans l’analyse du projet. La comparaison des variantes de 2022 doit être replacée dans le contexte actuel, indique Fanny Aymer. Chaque jour, 100 000 véhicules et 10 000 poids lourds circuleront à ciel ouvert dans le champ de perception du domaine, ce qui aura des conséquences irrémédiables.»

«Opposés au projet A31bis, nous continuerons à lutter»

De son côté, Florange Avenir regrette ce choix faisant suite à l’enquête publique et ses 2 300 contributions, «dont la vaste majorité s’opposait au projet et notamment à la traversée de Florange».

Pour le groupe d’opposition mené par Philippe Tarillon, les réponses apportées par l’État «sont loin d’être entièrement satisfaisantes». L’A31bis menace selon eux l’environnement, la santé, et l’économie (avec la délocalisation de plusieurs entreprises de la zone Sainte-Agathe).

«Nous restons opposés à ce projet et nous mobiliserons pour lutter contre l’A31bis et préserver la qualité du cadre de vie des Florangeoises et des Florangeois.»

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