A Metz, «cette saison des Frigos a battu tous les records»

La guinguette culturelle, sociale et solidaire a clôturé sa sixième saison le 6 septembre. Laurent-Guillaume Delhinger, directeur artistique de la compagnie Deracinemoa qui gère le site, salue un cru d’exception, grâce à une météo ensoleillée mais aussi au travail des équipes qui ont su renouveler les propositions pour conserver l’attractivité du lieu.

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Laurent-Guillaume Delhinger, directeur artistique de la compagnie Deracinemoa, gère Les Frigos, à Metz.
Laurent-Guillaume Delhinger, directeur artistique de la compagnie Deracinemoa, gère Les Frigos, à Metz.

Après quatre mois d’ouverture, les Frigos s’apprêtent à se mettre en veille pour l’hiver. Depuis la fin de la saison, le 6 septembre, les équipes s’activent encore quelques jours pour nettoyer, ranger, démonter.

Laurent-Guillaume Delhinger, directeur artistique de la compagnie Deracinemoa, fait le bilan de cette saison 6, qui s’est révélée «la meilleure depuis le début de l’aventure», malgré la canicule et même s’il reste encore de nombreux défis à relever.

La saison 5 avait été très bonne, quel bilan tirez-vous cette année ?

Laurent-Guillaume Delhinger : «L’an dernier, la deuxième partie de saison avait totalement rattrapé la première, ça avait été une bonne surprise. C’est différent cette année, parce qu’à part la deuxième semaine, on n’a pas eu une goutte de pluie ! On a battu tous les records. À tel point qu’en juin, on devait carrément aider les gens à trouver des places à table.

Les Frigos sont extrêmement dépendants de la météo. Quel a été l’effet de la canicule?

Quand il faisait encore très chaud à 22 heures passées, les gens sortaient moins. Mais en moyenne, on a tourné à plus de 1 500 personnes par soir, avec un gros record d’affluence à l’After Pride. On arrive à avoir du monde même quand la météo est mauvaise grâce aux réservations, notamment aux entreprises.

Quels sont les chiffres marquants de cette saison ?

En quatre mois, 275 artistes ont été accueillis ; 7 festivals ont eu lieu ; on a servi 10 500 flammekueches, 2 tonnes de frites et 78 000 verres de bière… C’est du non-stop, on emploie 35 salariés pour que ça tourne.

Le temps d’attente pour la buvette et la restauration est parfois critiqué, comment l’améliorer ?

Une nouvelle équipe a travaillé sur ce sujet cette année. Et on a plutôt bien réussi : on n’a jamais dépassé les vingt minutes d’attente, grâce à un personnel plus nombreux et plus qualifié.

Les tarifs sont aussi parfois jugés excessifs, est-ce le cas ?

Les consommations ne sont pas beaucoup plus chères qu’ailleurs. Simplement, les gens payent une consigne, donc le ressenti est que c’est plus cher. Et puis, notre modèle économique est fragile : on ne touche aucune subvention, on ne vit que sur nos recettes, qui doivent payer les salariés, la programmation culturelle…

Il faut avoir les reins solides et avoir suffisamment de trésorerie pour tenir pendant la fermeture. Depuis l’an dernier, on est à l’équilibre, cette année on dégagera peut-être un peu d’excédent.

Envisagez-vous d’ouvrir en basse saison ?

On l’a envisagé, mais nos équipes sont fatiguées et à partir de septembre, on l’a constaté, les Messins sortent moins. On imagine peut-être des ouvertures “one shot” pour Halloween ou Noël, mais ce sont des vœux pieux. On ne peut pas ouvrir à perte.

L’ambition des Frigos est de créer du lien et de la mixité sociale, qu’en est-il ?

On revendique très clairement le fait d’être une “safe place” ouverte à tous et on n’est pas près d’arrêter nos actions en faveur de la mixité. On organise des festivals de tous genres musicaux, on travaille beaucoup sur l’intergénérationnel avec une programmation jeune public qui cartonne et une boum des seniors ; on participe à la journée mondiale des réfugiés…

Cette année, on a aussi organisé pour la première fois des soirées avec un public sportif : on a diffusé le championnat d’Europe de handball mais aussi le quart de finale de la Coupe du monde de foot, une première !

Quels sont les projets à venir ?

Notre jardin sur le toit sera le gros projet de l’an prochain. L’idée est de produire de quoi alimenter notre cuisine tout en faisant travailler des personnes en insertion sociale. On travaille également sur un projet de champignonnière dans les locaux, pour avoir une première récolte dans les deux ans.

Il y a, de manière générale, une vraie réflexion à mener sur la transformation des espaces intérieurs, pour améliorer nos outils de travail.»

Les déchets alimentaires ont été valorisés

Au-delà d’une guinguette, le projet des Frigos entend porter des valeurs sociales et environnementales. Sur ce dernier volet, l’un des objectifs de la saison portait sur le tri des biodéchets venant des restes alimentaires.

La Métropole a ainsi mis à disposition un bac pour réaliser cette expérimentation. «Les gens ont eu un peu de mal à jouer le jeu, reconnaît Maryse Renker, coordinatrice. Les équipes ont souvent dû repasser derrière pour trier les poubelles…»

Un travail invisible qui a néanmoins permis de collecter 1,2 tonne de biodéchets, qui ont été récupérés et méthanisés. Dans la même veine, les personnels des Frigos ont ratissé le site, chaque fin de soirée, pour ramasser les mégots.

Une trentaine de sacs ont été collectés puis valorisés en matériau isolant. Par ailleurs, le site des Frigos poursuit la transformation des «Jardins perchés», un projet de permaculture installé sur son toit, sur 1 500 mètres carrés exploitables.

Un projet de champignonnière est également à l’étude et devrait avancer cet automne.

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