Vignette belge : les autoroutes et toutes les nationales seront payantes
Plus de doute possible quant à la vignette routière belge : le ministre wallon clarifie la situation. Les autoroutes et les routes nationales seront toutes concernées par le péage.
Si certaines communes luxembourgeoises semblaient encore dans l’incertitude quant à la portée de la future vignette routière belge, François Desquesnes, ministre wallon notamment en charge des Infrastructures et de la Mobilité, vient de clarifier les choses.
Les autoroutes et les routes nationales, qui relèvent de la compétence des Régions, seront toutes soumises à la vignette routière qui entrera en vigueur le 1er mai 2027. «Environ 16 000 kilomètres de voirie sont concernés et aucune exception ne sera accordée, ni aux frontaliers ni aux visiteurs de Pairi Daiza», indique le cabinet du ministre. Celui-ci précise que «seules les voiries communales ne sont pas concernées» par cette nouvelle forme de taxation.
«Seront en revanche dispensés de la vignette les véhicules de secours, de police, de protection civile ainsi que les autres véhicules affectés à des missions essentielles de service public», détaille encore le cabinet ministériel.
Tous les automobilistes, à l’exception des motards, qui emprunteront les routes du royaume devront donc être titulaires d’une vignette journalière, mensuelle ou annuelle, sous peine de se voir infliger une amende.
Alors que certains bourgmestres, comme Jean-Marie Halsdorf (CSV) à Pétange, craignent un afflux de milliers de véhicules supplémentaires sur leurs routes communales en raison de cette mesure, le cabinet du ministre avance un argument financier : «Un automobiliste qui souhaiterait éviter l’acquittement de la vignette en modifiant son itinéraire ne disposerait d’aucun avantage particulier à emprunter des routes communales plutôt que le réseau régional. Utiliser les petites routes locales coûtera davantage en temps et en carburant.»
Quelle réponse?
S’il ne sera pas possible pour le Luxembourg de faire plier la Belgique par la voie classique de la négociation, quelles armes le Grand-Duché peut-il faire valoir?
Un recours devant les instances européennes si la vignette devait être jugée discriminatoire à l’égard des automobilistes non-résidents? Une hypothèse qui paraît peu probable, d’autant plus que les réformes fiscales destinées à compenser le coût supporté par les automobilistes belges risquent de passer au second plan dans un contexte où plusieurs milliards d’euros doivent être trouvés pour équilibrer les budgets et où d’importantes économies sont attendues.
Autre moyen de pression éventuel : le fonds de compensation Luxembourg-Belgique en faveur des frontaliers. Par ce mécanisme, le Grand-Duché verse chaque année une compensation financière à la Belgique au bénéfice des communes où résident des travailleurs frontaliers belges imposés au Luxembourg.
Pour 2025, le montant total de la rétrocession fiscale à la Belgique s’élevait à 51 804 263 euros, dont 48 607 567 euros répartis entre 44 communes de la province de Luxembourg, en fonction du nombre de résidents travaillant au Grand-Duché. «D’après un accord conclu le 31 août 2021, le montant total de cette compensation doit augmenter de 2,4 millions d’euros par an pour atteindre 72 millions d’euros en 2032», indique le gouvernement wallon sur son site internet.
Les montants étant fixés jusqu’à cette échéance, ils ne devraient pas évoluer au cours des prochaines années. En revanche, à partir de 2032, un nouveau montant pourrait être négocié ou le mécanisme revu plus en profondeur.
Le Luxembourg cherchera-t-il à renégocier cette compensation en tenant compte du coût de la vignette supporté par ses ressortissants? Le Grand-Duché dispose-t-il d’autres moyens de pression pour peser dans les discussions?