TER du sillon lorrain : un centre de maintenance dernier cri à 124 millions d’euros inauguré

C’est la partie immergée de l’iceberg. Celle que les usagers des TER du sillon lorrain ne visiteront pas. Le nouveau centre de maintenance des trains a été inauguré hier. Il a coûté 124 millions d’euros financés par la Région et le Luxembourg. Un bel exemple de collaboration européenne.

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Le centre de maintenance de Montigny-lès-Metz a été inauguré en grande pompe ce mercredi.
Le centre de maintenance de Montigny-lès-Metz a été inauguré en grande pompe ce mercredi.

Dans ce bâtiment dernier cri de 7 600 m² taillé sur mesure, une rame de TER fluo à deux niveaux, longue de 134 mètres et composée de cinq caisses, attend bien au chaud d’être passée au peigne fin par les agents de la SNCF. Ce mercredi 21 octobre, ces derniers ne prendront leur poste qu’à 20 h 30. Le temps que l’inauguration de leur tout nouveau, tout beau centre de maintenance, le plus grand du Grand Est, ne s’achève. Mis en service en avril 2026, il poursuit sa montée en puissance pour être pleinement opérationnel pour le service annuel 2027.

Ce superbe atelier éco-conçu, à ossature bois, constitue la figure de proue de ce site de 12 hectares. Autour se trouvent une aire de lavage couverte de 1 700 m², une installation de nettoyage des rames et un important faisceau de voies destiné au remisage et à la préparation des trains. Le tout a été dimensionné pour assurer l’entretien de 41 rames TER qui sillonnent au quotidien l’axe Nancy-Metz-Thionville-Luxembourg. Le site voisin de Metz-Sablon n’était plus en capacité d’absorber à lui seul l’augmentation du parc.

Un investissement à 124 millions d’euros, cofinancé par la Région Grand Est et le Grand-Duché du Luxembourg, qui s’est acquitté pour l’occasion d’un chèque de 50 millions d’euros. Pas mal pour un équipement en terre française qui emploiera 80 agents. Les 120 000 frontaliers français le valent bien. «C’est l’Europe qui se construit ici. Cette création est symbolique de notre collaboration. Il y a encore des investissements à faire et le Luxembourg est prêt à y contribuer pour ceux qui font vivre notre économie», a expliqué Yuriko Backes, la ministre luxembourgeoise de la Mobilité et des Travaux publics.

Une responsabilité partagée

«Cette contribution rappelle que dans notre espace transfrontalier la qualité du transport est une responsabilité partagée», se félicite l’autre financeur, Franck Leroy. Le président de la Région a insisté sur le rôle central que jouera ce site dans la politique ferroviaire de sa collectivité, qui monte en puissance : «Ce site porte haut et fort nos ambitions. Depuis 2026, nous avons porté la capacité de 9 000 à 13 000 places assises en ajoutant 16 rames de plus grande capacité aux 25 déjà en activité. L’objectif est de passer de 8 à 10 trains par heure pour proposer jusqu’à 22 500 places assises en période de pointe. Ce changement d’échelle exige des installations capables d’entretenir ce matériel.»

Signe de l’importance de cet équipement, Jean Castex, l’ancien Premier ministre devenu PDG de la SNCF, qui exploite 200 sites comme cela en France, était présent : «Cette ligne est la 14ᵉ de France. Il est important de la moderniser et d’accroître sa fiabilité. On doit être au rendez-vous de cette exigence. L’idée est de prolonger la durée de vie du matériel roulant. Cette inauguration intervient à un moment où a lieu une appétence inédite pour le train.»

Se félicitant d’inaugurer un tel équipement sur son territoire, François Grosdidier, président de l’Eurométropole, espère que la suite de la montée en puissance du cadencement, qui connaît des problèmes de financement, ne tardera pas. Là où Jean-Luc Bohl se félicite de voir sa ville renouer avec son flamboyant passé ferroviaire, débuté en 1850. Ce site avait auparavant accueilli jusqu’en 2013 l’un des trois ateliers essieux nationaux de la SNCF. Ce fut pour la ville un crève-cœur de le perdre. L’affront est réparé.

Philippe Marque (Le Républicain lorrain)

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