[Luxembourgeois, ils vivent à l’étranger]

«Le rythme de vie brésilien est très différent»

Ils ont fait le choix de vivre hors du Grand-Duché pour le travail, les études ou l’amour. Rencontre avec ces Luxembourgeois expatriés. Pour ce nouveau numéro, rendez-vous avec Adriel Trombin, manager musical qui partage sa vie entre le Brésil et les États-Unis.

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Adriel Trombin a vécu pendant vingt ans au Luxembourg.
Adriel Trombin a vécu pendant vingt ans au Luxembourg.

«Ma vie, ce sont les aéroports», glisse Adriel Trombin. Depuis six ans, celui qui a vécu pendant vingt ans au Luxembourg partage sa vie entre le Brésil, les États-Unis et le Grand-Duché.

Une vie d’allers-retours indispensables pour sa profession de manager musical. Depuis l’âge de 18 ans, l’Italo-Brésilien travaille dans le milieu de la musique. Une carrière qu’il n’avait, au départ, pas envisagée.

«Ce n’était pas dans mes plans. J’ai découvert cet univers, car j’avais un groupe d’amis qui s’y intéressait. L’un d’entre eux avait aussi un studio. À cette époque, je commençais à écrire, à faire de la musique. Mais je me trouvais plus à l’aise dans la gestion, l’administration et le management», explique-t-il.

S’il commence sa carrière au Luxembourg, son pays d’adoption, le manque d’opportunités l’amène à voyager très fréquemment, en Europe et sur d’autres continents. Alors à 33 ans, il décide de quitter le Grand-Duché pour le Brésil.

«Je connaissais déjà ce pays, car ma mère est brésilienne. Je parlais déjà le portugais. Mes parents et mes frères avaient déjà déménagé en 2012. Tout cela a facilité mon intégration», confie-t-il. Pour autant, à son arrivée à Goiânia, ville du centre du Brésil, de l’État brésilien de Goiás, «le choc culturel» est au rendez-vous.

«Il fallait s’adapter. En comparaison avec le Luxembourg, c’est un monde à part. Le rythme de vie est aussi très différent. Par exemple, les administrations sont assez mal organisées au Brésil. Mais avec le temps on s’habitue», confie-t-il.

«On gère plus de 547 artistes»

C’est dans cette ville de 1,5 million d’habitants qu’Adriel Trombin gère aujourd’hui son entreprise dans le management musical avec six autres personnes.

«Je m’occupe des artistes, des collaborations, des parties contractuelles, des négociations financières, des labels», détaille-t-il. Au total, sa société s’occupe de 547 artistes luxembourgeois, brésiliens, américains, africains, français ou belges.

J’ai fait partie de l’équipe management de Mohombi

Alors parmi ces 547 artistes, Adriel Trombin a-t-il travaillé avec des stars, des personnalités connues de la musique?

«Oui, mais je ne peux pas révéler certains noms pour des raisons de clauses de contrat. Mais je peux dire que j’ai fait partie de l’équipe management de Mohombi. C’est un chanteur des années 2010 qui a eu une grosse carrière. Il a notamment travaillé avec Jennifer Lopez ou Pitbull. Son titre principal, c’est Bumpy Ride. À l’époque, la chanson avait fait un gros boom», confie-t-il.

«On travaille aussi avec des artistes qui démarrent et qui, on le sait, auront un franc succès dans les six mois à venir (…). Mais parfois nous avons de bonnes ou mauvaises surprises», poursuit-il.

«Beaucoup de travail et de la fatigue accumulée»

Une vie à «100 à l’heure» qui l’oblige à beaucoup se déplacer. «On peut dire que les aéroports, c’est un peu ma deuxième maison. J’en témoigne sur les réseaux sociaux. Dans mes posts, je mets toujours cette phrase en description : « another day, another place » (NDLR : un autre jour, un autre lieu). Le contact humain reste essentiel dans ce métier pour rencontrer les artistes, les labels, les institutions ou participer à des conférences internationales pour le réseautage (…). Mais il est vrai que l’on n’arrête jamais, on travaille 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 avec les différents fuseaux horaires. Ce métier peut faire rêver, mais derrière c’est beaucoup de travail et de la fatigue accumulée», raconte-t-il.

Adriel Trombin passe ainsi entre six et huit mois au Brésil, et le reste de son année dans la ville d’Atlanta aux États-Unis ainsi qu’au Luxembourg où il a un pied-à-terre.

«Je retourne souvent au Grand-Duché, car j’ai mon fils qui vit là-bas et j’en profite aussi pour rencontrer des partenaires ou des artistes luxembourgeois», explique-t-il.

Adriel Trombin à São Paulo.
Adriel Trombin à São Paulo.

Alors quand il est au Brésil, qu’est-ce qui lui manque le plus du Luxembourg? «La facilité pour se déplacer est très simple au Grand-Duché, contrairement au Brésil, même si évidemment ce sont des pays de taille très différente. Et puis la deuxième chose qui me manque, c’est la boulangerie Fischer (il rit). Au Brésil, on ne retrouve pas du tout ce genre de pain», sourit-il.

Mais, le Grand-Duché, Adriel Trombin pourrait le trouver plus rapidement que prévu. «J’envisage de faire une filiale dans le pays. Le Luxembourg reste stratégiquement très bien situé en Europe. Notre métier, à nous, c’est d’avoir des endroits où est-ce que les équipes, les artistes, les producteurs, quand ils viennent nous voir, ils sont à l’aise, ils sont tranquilles et qu’on peut travailler sans être dérangé. Le Luxembourg est un pays qui permet d’avoir ce luxe d’être tranquille et de pouvoir travailler correctement», conclut-il.

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