Josée Lorsché, le retour d’une écolo pure et dure
Échevine à Bettembourg, elle a toujours gardé les deux pieds dans la politique. Après le départ de Joëlle Welfring, elle retrouvera les bancs du parlement qu’elle connaît déjà très bien.
Elle n’aura pas de problème pour se remettre dans le bain. Josée Lorsché n’a jamais lâché la politique. À la rentrée parlementaire, elle remplacera Joëlle Welfring, partie rejoindre la Banque européenne d’investissement (BEI). Actuelle échevine de Bettembourg, l’institutrice à la retraite, qui fêtera ses 65 ans le 9 septembre prochain, connaît déjà bien la Chambre des députés où elle a siégé de 2011 à 2023.
«Je suis toujours politicienne en tant qu’échevine et j’ai toujours suivi les dossiers parlementaires qui impactent très souvent les communes», explique-t-elle. Si elle ne connaît pas encore les matières qui lui seront confiées, elle est déjà assurée d’hériter de la santé, domaine dans lequel elle était déjà active lors de ses précédents mandats. Josée Lorsché sait qu’à la rentrée, le thème sera abondamment débattu avec la querelle qui oppose l’association des médecins et médecins-dentistes (AMMD) et la Caisse nationale de santé (CNS). Responsable des questions environnementales et énergétiques, en plus de l’enseignement et l’accueil à la commune de Bettembourg, Josée Lorsché pourra apporter son expertise dans de nombreux dossiers.
Elle se concentre beaucoup sur le projet d’alphabétisation en Français (Alpha), et à Bettembourg on fait des prévisions. Près de la moitié de la population scolaire est non luxembourgeoise et la commune compte 90 nationalités. «On ne peut pas présumer que tous les enfants qui ne sont pas Luxembourgeois vont suivre le projet Alpha», observe-t-elle. Un sujet qui va refaire surface à la Chambre des députés.
Sur le volet santé, Josée Lorsché entend faire bouger les lignes en faveur des médecins généralistes. «Ils devraient être valorisés et avoir le temps nécessaire pour suivre leurs patients et pas seulement leur consacrer 10 ou 15 minutes, tout ça parce que la nomenclature actuelle ne permet toujours pas d’avoir des revenus sur le temps qu’ils investissent. Les psychiatres, par exemple, ont un tarif qui correspond au temps passé avec leurs patients, pas les généralistes», illustre-t-elle.
Elle reste sur le même thème en évoquant le «plan national santé mentale», en place sur la période 2024-2028, mais regrette le manque de psychiatres pour le réaliser. «Surtout au niveau des jeunes et des enfants, où l’on constate une détresse mentale assez grande, mais les temps d’attente pour avoir un rendez-vous sont très longs, presque une année», déplore Josée Lorsché.
En accord avec l’AMMD quand il s’agit de réformer le système de santé pour le rendre plus cohérent et performant, elle s’éloigne, en revanche, des revendications tarifaires de l’association. Et refuse catégoriquement une médecine de classe.
«Devenir encore
plus actif»
Josée Lorsché a intégré dès 1980 le mouvement antinucléaire. L’idée de voir pousser deux nouveaux réacteurs EPR2 à la centrale nucléaire de Cattenom lui fait lever les yeux au ciel. Pour l’heure, l’idée est défendue par les acteurs économiques et politiques mosellans, mais il n’est pas acté par l’État français. «Je constate que l’humanité n’apprend pas assez vite. Parce qu’il n’existe toujours pas de solution pour les déchets nucléaires», déplore-t-elle.
Avec cet été caniculaire, les questions environnementales vont plus que jamais occuper les députés. «L’actuel gouvernement en parle beaucoup, mais mettre des pompes à chaleur devant les maisons, ça ne sauvera pas le climat. Il faut devenir encore beaucoup plus actif et réagir plus vite», encourage-t-elle. Elle estime que le pays n’est pas sur la bonne voie pour atteindre les objectifs climatiques qu’il s’est fixés. «Au niveau de l’industrie, on a un bilan qui est très mauvais, même chose au niveau des bâtiments publics», analyse la députée écolo.
Elle bataillera aussi pour une agriculture biologique mieux subventionnée. «On le répète depuis des années», souffle-t-elle.
Elle revient à la Chambre sur les bancs de l’opposition, cette fois, après dix années passées au sein de la coalition tricolore. «J’ai déjà passé deux ans dans l’opposition entre 2011 et 2013, et cette position permet de parler plus librement, sans avoir peur de froisser un partenaire de la coalition», avoue-t-elle, en reconnaissant que l’exercice était un peu difficile quand déi gréng était dans la majorité. «Maintenant, nous avons notre propre ligne et nos propres idées, notre programme, que nous pouvons pleinement défendre», déclare Josée Lorsché.
Elle sera aussi une adversaire redoutable pour l’ADR, qu’elle considère comme un courant «dangereux». Son retour à la Chambre des députés, elle le considère comme un défi, et elle reconnaît aimer ça.
En attendant, elle profite encore de quelques jours de vacances avant de se replonger dans les dossiers. «On décidera à la rentrée, au sein de notre groupe, du partage des tâches», informe-t-elle.