En détention pour le vol d’un sac Valorlux

La loi est dure, mais c’est la loi. Un Bruxellois est incarcéré pour avoir volé des broutilles lors d’une nuit en perdition entre la gare et l’aéroport. Une histoire surréaliste.

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Un voyage à Luxembourg l'a entraîné tout droit en prison.
Un voyage à Luxembourg l'a entraîné tout droit en prison.

L’histoire d’Ahmed est «étonnante». Le jeune homme de 36 ans se trouve en détention préventive depuis deux mois et encourt un an de prison pour le vol avec effraction d’un sachet Valorlux et le vol simple d’une bouteille de 0,25 litre de pinot gris.

Le prévenu travaille à Bruxelles en tant que technicien de maintenance dans l’industrie chocolatière et n’a qu’une hâte : pouvoir retrouver sa femme et ses enfants. Son escapade à Luxembourg risque de lui coûter cher.

Il raconte avoir sympathisé avec des Luxembourgeois qui l’ont invité à les rejoindre au Luxembourg pour faire la fête. Ni une ni deux, il répond à leur invitation, mais débarqué de la capitale belge, il ne trouve pas ses connaissances et se rend compte qu’il a perdu son téléphone et sa carte bancaire. À écouter Ahmed, ce n’était pas son jour de chance.

Voulant regagner la gare pour rentrer chez lui, il se serait trompé de bus et aurait atterri à l’aéroport. «J’étais ivre après avoir consommé la bouteille de vin» volé dans un restaurant, précise-t-il. Il commence alors à errer sur le parking et à essayer d’ouvrir des portières de voiture. C’est dans l’une d’entre elles qu’il trouve le sac de recyclage.

«La vitre de la voiture était déjà ouverte, je n’ai fait que l’ouvrir un peu plus pour le saisir», jure celui qui prétend ne jamais rien avoir volé de sa vie. «L’occasion a fait le larron», assure Me Stroesser. «Il ne supporte pas l’alcool. Cela lui a chamboulé les neurones.» Et d’ajouter que son client «a une autre situation que les prévenus auxquels le tribunal est habituellement confronté dans les affaires de vol».

Un voleur endormi

Contrairement à Noureddine. «Si vous me dites que ce n’était pas un vol, alors moi, j’arrête d’être juge!», lance le président à Nourredine qui comparait pour cinq vols simples dans des magasins et un cambriolage dans une maison habitée de la route d’Arlon à Strassen. Ce vol avec escalade et effraction a été commis un mois après une condamnation le 13 mai 2026 pour des vols à l’étalage.

«Cela jette un doute sur votre capacité à reprendre votre vie en main et sur votre respect des lois», commente le juge. «Vous n’avez pas que récidivé, vous avez commis un fait encore plus grave en cambriolant une maison.» Le Marocain de 49 ans explique que «ce jour-là, (il) avai(t) été blessé à la tête lors d’une agression. Je me suis caché dans cette maison sans intention de voler.»

«Vous avez volé! Ce n’était peut-être pas votre idée initiale, mais vous avez volé», constate le président. Les policiers, prévenus par l’habitante de la maison, ont trouvé le prévenu endormi dans le canapé. Quant à son butin, il était bien maigre, selon Me Knaff. Il se composait d’une tasse décorative, d’une bougie rouge, d’une statuette de Bouddha, de la médaille d’un marathon et d’une montre-thermomètre.

«Si on a l’intention de cambrioler dans un but de lucre, on choisit un autre butin», défend l’avocat. «Ce n’était pas un acte prémédité dans le but de faire un gros coup.» Me Knaff demande au tribunal de ne pas être trop sévère avec son client qui est retombé dans la rue à sa sortie de détention. Le parquet requiert une peine de 24 mois de prison à son encontre.

Me Knaff explique que Noureddine n’a pas toujours volé pour vivre. Même si «ce n’est pas une excuse». Le prévenu de 49 ans est arrivé au Luxembourg en 2018 après s’être séparé de son épouse. Il avait travaillé dans la construction en Italie et avait deux fils adolescents. Sans papiers, il n’aurait jamais réussi à refaire sa vie au Grand-Duché. «Il réussissait à s’en sortir jusqu’en 2025», précise Me Knaff.

Les prononcés sont fixés au 12 novembre.

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